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A la veille de la fermeture des écoles, les enseignant.es se retrouvent face à l'impréparation du ministre. Comme un jour sans fin depuis le printemps 2020. Pas plus que le ministre n'a anticipé l'accueil des enfants des profession prioritaires, il n'a tiré les leçons de la mise en place de sa fameuse "continuité pédagogique". Les PE en revanche gardent sans nul doute en mémoire l'adaptabilité, l'ingéniosité, la patience, la débrouillardise engagée dont ils et elles ont dû faire preuve à la même saison l'an passé. 

Pour le SNUipp-FSU, alors que les conditions d'enseignement ont été dégradées et mettent les personnels dans un état d'épuisement professionnel réel, il n'est pas envisageable que la pression vécue l'an dernier se reproduise. Le SNUipp-FSU vient de s'adresser au ministre en ce sens. Alors que JM Blanquer n'a eu de cesse de mépriser l'engagement des personnels, c'est bien grâce à eux que l'école tient depuis un an. Et ce sont eux qui s'investiront à nouveau en urgence pour maintenir le lien scolaire durant cette brève période avant des vacances dézonées. Plan de travail, activités distribuées avant le départ, padlets ou autres outils déjà testés, les équipes ont déjà fait preuve de leur expertise et sont à même de concevoir ces trois, quatre jours hors l'école, sans injonctions hiérarchiques. 

Pour le SNuipp, comme pour la FSU, ce qui se dessine du 6 au 9 avril, ce n'est pas l'école, collectif de travail et d'apprentissage. Et tenter de faire apprendre des notions nouvelles à distance, c'est mettre en difficulté les élèves et leur famille, particulièrement ceux des classes populaires. d'autant que rien n'a été construit depuis l'année dernière avec les enseignant-es. ni retour d'expériences sur les difficultés rencontrées, ni analyse sur ce qui peut être développé et comment, ni formation aux outils numériques, ni réponse aux manques d'équipement , tant du côté des PE que des familles. 

Pire, aucun moyen suffisant n'a été attribué au service public d'éducation pour compenser les inégalités accentuées par un an d'école sous COVID. Au contraire, les cartes scolaires qui viennent de se dérouler sont loin de prendre en compte les conséquences et les besoins, en particulier lors d'une possible poursuite de crise sanitaire en septembre. Aussi, le SNUipp, avec la FSU, appelle à un plan d'urgence pour l'école afin de répondre aux enjeux d'une école ambitieuse pour toutes et tous.

Les dernières mesures de freinage de l’épidémie concernent enfin l’école. Elles signent l’échec de la stratégie poursuivie jusqu’alors,  pour la société dans son ensemble comme pour l’école. En effet, le déni et l'inaction du ministre de l'éducation comme du gouvernement s'ajoutent à la non prise en compte des alertes et demandes faites depuis de nombreuses semaines, dont celles du SNUipp-FSU, et sont responsables de cette situation. 

Les annonces d’une semaine en distanciel suivie de deux semaines de vacances dézonées étaient ainsi devenues inévitables suite à une perte de contrôle sur l'épidémie. Elles s'accompagnent hélas d'une énième impréparation qui placent une nouvelle fois les enseignant.es, les élèves et les familles dans des urgences organisationnelles intenables. La charge pesant sur les directrices et directeurs devient à ce titre difficilement supportable. 

Dans un premier temps, la semaine écourtée à venir va prendre la forme d'un lien scolaire préparé dans l'urgence par les équipes enseignantes.  Les formes de ce lien doivent être laissées à libre appréciation des PE qui sont riches de l'expérience du premier confinement, sans injonctions hiérarchiques sur le contenu. Cette période l'a prouvé : tenter de faire apprendre des notions nouvelles à distance, c'est mettre en difficulté les élèves et leur famille, particulièrement ceux des classes populaires. Or rien n'a été construit depuis l'année dernière: ni analyse des difficultés rencontrées, ni investissement en équipement que ce soit pour les PE ou pour les familles. Le ministre de l'Education n'a pas davantage pris en compte l'impact du confinement de l'an dernier sur les apprentissages des élèves: loin du nécessaire plan d'urgence pour l'école, les fermetures de classe se poursuivent.

Le fantasme d'une reprise normale

De même, le ministère semble compter sur un "effet magique" de résolution de circulation de l'épidémie et n'anticipe pas davantage sur les conditions de la réouverture des écoles maternelles et élémentaires prévue le 26 avril.  Il ne dit rien sur une quelconque mise à profit de ce temps pour préparer l’école à un retour sécure en présentiel. 

Maintenir l'école sous pandémie ne peut être assurée comme une séance d'improvisation. Pendant les deux semaines de vacances communes, alors que les personnels des écoles et leurs élèves prendront une coupure nécessaire et salutaire suite à des conditions d'enseignement et d'apprentissage dégradées, le ministre serait bien avisé de se mettre enfin au travail et d'anticiper les conditions de reprise des écoles afin qu'elles puissent pleinement jouer leur rôle pédagogique comme social.

Pour le SNUipp-FSU, cela signifie un accès prioritaire à la vaccination pour les personnels travaillant dans les écoles dans le cadre d'un calendrier rapide, la définition des cas contacts identique à celles en vigueur dans le reste de la population, la règle de fermeture de classe fixée partout à un cas avéré, des tests salivaires massifs ciblés et réalisés partout de façon hebdomadaire, les locaux équipés de capteurs CO2, des masques chirurgicaux fournis aux élèves et aux personnels, des classes allégées… Le syndicat estime également indispensable une expertise scientifique plurielle et indépendante pour évaluer à l’aune de la situation épidémique la possibilité de rouvrir les écoles.

Le SNUipp-FSU œuvrera activement avec la communauté éducative pour obtenir du gouvernement ces conditions de reprise permettant la continuité du service public d’éducation tout en protégeant les personnels, les élèves, leur famille et l'ensemble de la population. 

Le Président de la République a annoncé une nouvelle étape dans les mesures sanitaires, pour freiner l’épidémie avec notamment l’avancée et le dézonage des congés scolaires associé à un passage en distanciel des enseignements.

Il y est acculé aujourd’hui parce qu’en dépit de ses satisfecit répétés, il s’est trompé : au cours des dernières semaines, il a pris seul les décisions, méprisant l’alerte des scientifiques comme le débat démocratique, et s’est enfoncé dans un jusqu’au-boutisme dont toute la population paie maintenant le prix lourd.

La FSU s’inquiète des conséquences dramatiques de cette gestion incohérente et de ce reconfinement qui exposent une partie de la population à une grande précarité et va engendrer aussi son lot de souffrances sur le plan psychologique. Il est essentiel de mettre en œuvre un plan d’urgence pour les plus démuni-es : hébergement d’urgence, distribution alimentaire, accès aux soins, augmentation des minima sociaux…

S’enfermant dans le déni des difficultés concrètes que pose la crise sanitaire dans les écoles, Le ministère de l’Education Nationale a réduit le débat à une question binaire : ouverture ou fermeture des lieux scolaires. Il porte une lourde responsabilité dans cette situation. Il aurait été possible de faire autrement comme n’a cessé de le réclamer la FSU. Depuis des mois, la FSU alerte sur les conditions dégradées dans lesquelles les personnels font leur métier, au prix d’un épuisement professionnel réel. C’est bien grâce à elles et eux que l’école « tient ». J.M. Blanquer n’a eu de cesse de mépriser l’engagement des personnels. Il a prétendu que les protocoles étaient suffisants là où tout indique que la politique de tests est défaillante, rien n’a été fait pour améliorer le bâti et en particulier les possibilités d’aération, le nombre d’élèves par classes continue à être trop élevé alors qu’on pourrait fonctionner en petits groupes grâce à des recrutements supplémentaires et la réquisition de locaux : le Ministre n’a pas voulu agir pour répondre aux alertes des personnels de terrain. La reprise épidémique est d’autant plus forte que toutes les mesures qui auraient pu être prises pour éviter une telle intensité n’ont pas été mises en œuvre. Par ailleurs, au-delà des effets d’annonces, et des promesses jamais tenues depuis janvier, aucun calendrier de vaccination des personnels au contact des usager-es et des élèves n’est établi à ce jour.

Aucun enseignement n’a été tiré depuis un an, le ministre n’a fait preuve d’aucune anticipation et les personnels se retrouvent aujourd’hui, veille de la fermeture des écoles, dans une situation d’impréparation identique à celle de l’an dernier, ce qui est un comble ! La FSU demande que les leçons du premier confinement soient tirées : clarification très rapide des objectifs et des modalités de la façon de maintenir le lien scolaire avec les élèves, temps laissé aux équipes pour s’organiser, moyens donnés aux équipes pluri professionnelles pour assurer un suivi des élèves et recherche de solutions pour les familles ne disposant ni de matériel informatique ni de la connexion nécessaires, relâchement de la pression par des décisions rapides sur l’aménagement des programmes et les examens, etc. Pour la FSU, ce qui se dessine dès mardi 6 avril, ce n’est pas l’école, collectif de travail et d’apprentissage auquel nous sommes attaché-es. C’est autre chose que l’école, et nous savons que les personnels feront tout leur possible pour s’y investir au mieux. Mais dès maintenant, pour compenser les difficultés présentes, il y a lieu de concrétiser les engagements de recrutement. Pour répondre aux inégalités qui se creusent, et anticiper une possible poursuite de la crise sanitaire, il est urgent de décider d’un réel plan d’urgence pour l’école, afin de la doter de moyens exceptionnels dès la rentrée de septembre.

Les Lilas, le 31 mars 2021

Alors que l'épidémie flambe partout dans le monde, différentes stratégies se sont mises en place. Un état des lieux a pu être effectué lors d'un webinaire organisé par l'internationale de l'éducation (IE) le 11 mars dernier.

Le bilan est sans appel : la vaccination des personnels des écoles est majoritairement engagée.

Une raison de plus que d'exiger, dès maintenant, la vaccination, ici, chez nous : https://la-petition.fr/campagne-de-vaccination-urgence

Tour d'horizon issu du Webinaire du 11 mars dernier

Pays où les enseignant-es sont prioritaires

Dans un nombre important de pays, et toujours sous la pression des syndicats, les gouvernements ont accepté de donner une priorité aux enseignant-es, voire à tous les personnels de l’éducation, dans la campagne de vaccination. Mais la situation sur le terrain est très variable en fonction de l’importance de la campagne de vaccination et du nombre de doses accessibles.

En Espagne et en Italie, le gouvernement a donné une priorité aux enseignant-es, ainsi qu’au Portugal. Mais les doses manquent encore dans ces trois pays, si bien que tous les enseignant-es sont loin d’être vacciné-es. En Espagne les syndicats regrettent que le personnel des universités n’ait pas été associé à cette priorisation. En Italie la campagne de vaccination est régionale et se heurte aux dysfonctionnements locaux dans certains cas ou à l’absence de doses : ainsi la proportion de personnels enseignant-es vaccinés va aujourd’hui de 70 % à…3 % selon les provinces. Au Portugal la vaccination des personnels de l’éducation est commencée.

En Amérique latine, deux pays ont pu faire jouer la force de leurs syndicats pour contraindre les gouvernements à accorder une priorité aux enseignant-es : c’est le cas du Mexique et de l’Argentine. La vaccination a commencé dans l’État de Campeche (sud du Mexique) mais les doses manquent. En Argentine la vaccination avance et le gouvernement a accepté de renforcer le protocole depuis la réouverture des écoles avec la fermeture systématique des classes en cas de contamination d’un seul élève, avec dans ce cas retour à un enseignement distanciel pour une semaine.

Au Maroc aussi, la vaccination a bien démarré avec des doses d’AstraZeneca et de vaccin chinois et une priorité accordée aux enseignant-es depuis début février. A noter que les enseignant-es étranger-es sur le sol marocain en bénéficient aussi, comme ces enseignant-es français-es des lycées de l’AEFE.
A côté de ces pays où la vaccination a bien commencé et, même s’il manque des doses, offre des perspectives de sortie de crise aux enseignant-es , il existe aussi des pays où la priorité tient de la promesse encore non tenue, faute de vaccins. C’est le cas de l’Albanie qui manque cruellement de vaccins mais qui devrait placer les enseignant-es dans le groupe prioritaire. C’est aussi le cas du Mozambique où le gouvernement a placé le personnel de santé dans le groupe 1, et promis que les enseignant-es feraient partie des priorités suivantes…mais sans plan clair de vaccination ni doses.

Enfin, en Côte d’Ivoire, si le nombre de doses est encore minime, les enseignant-es sont prioritaires, mais ne sont guère enthousiastes à se faire vacciner dans un pays où le nombre de morts est faible. « Le personnel enseignant perçoit la vaccination comme un laboratoire à ciel ouvert et émet des réserves et des doutes sur la qualité des vaccins, il y a un travail d’information et de sensibilisation à faire en direction du personnel enseignant » déclare un syndicaliste du SYNAFETPCI. « Une campagne de vaccination dans un pays jeune où le nombre de décès par semaine est en-dessous de la dizaine suscite interrogation sur sa pertinence », ajoute-t-il. « il faudra sensibiliser le personnel enseignant pour obtenir son adhésion et ainsi arrêter la contamination » mais « les autorités ne communiquent pas sur la contamination dans les écoles », ce qui la rend invisible.

Pays sans priorité accordée aux enseignant-es :

Certains pays n’ont pour le moment accordé aucune priorité aux enseignant-es dans la campagne de vaccination. Dans la plupart de ces pays, à l’exception des Pays-Bas, cela suscite la plus vive inquiétude des syndicats enseignants et la revendication d’une rapide priorisation.

Aux Pays-Bas, aucune priorité n’est accordée au monde enseignant, à l’exception des éducateurs spécialisés qui travaillent avec des enfants en situation de handicap. « La difficulté pour nous est de trouver des arguments », avoue Trudy Karperien de l’AOB, « car les statistiques montrent que les enseignants ne sont pas plus affectés par le virus que les autres professions. Le fait qu’un enseignant contaminé pourrait diffuser le virus dans un groupe plus large n’est pas non plus un argument car la priorité est donnée à l’accessibilité au système de santé, or les personnes jeunes ou d’âge moyen font rarement des formes graves de la covid ».

En Belgique, les priorités ne sont pas fondées sur la pratique professionnelle mais aussi sur le danger de développer une forme grave. Par conséquent une priorité est accordée aux personnes âgées, aux personnes vulnérables, aux personnes handicapées et aux personnels médicaux. Seul-es les enseignant-es présentant des comorbidités ont pour le moment une priorité vaccinale.

Au Québec, le personnel enseignant ne fait pas partie non plus des groupes prioritaires pour la vaccination.

Au Liban, ce n’est pas le gouvernement mais la Croix-rouge internationale qui vaccine et qui a déterminé des priorités par âge uniquement. Les enseignant-es ne sont pas prioritaires mais les écoles restent fermés.

Enfin, deux pays connaissent déjà un grand nombre d’ enseignant-es vacciné-es mais non parce qu’une priorité leur a été accordée : il s’agit de pays où la vaccination s’est déployée avec une particulière ampleur et qui ont disposé d’un nombre important de doses. Le Royaume Uni n’a jamais accordé une priorité aux enseignant-es ou aux autres personnels de l’éducation mais a procédé par tranches d’âge de 10 ans, si bien qu’aujourd’hui les 60-69 ans et les 50-59 ans sont majoritairement vaccinés (avec une seule dose). En Australie, avec un nombre de doses commandées très élevées (trois fois supérieures à la population), la vaccination avance vite, mais les enseignant-es ne sont pas particulièrement prioritaires.

Le communiqué

Alors que l’épidémie flambe dans les écoles, que le taux d’incidence des enfants s’est envolé de 42% en maternelle et de 36% en élémentaire en une semaine, le ministre persiste dans l’accueil des élèves à l’école coûte que coûte alors qu’il est dans l’incapacité d'y mettre les moyens, notamment humains, nécessaires.

En effet de plus en plus d’enseignantes et d’enseignants sont également malades ou bien cas contacts nécessitant une mise à l’isolement. Quel que soit le département, et encore davantage dans ceux en très forte tension épidémique, l’Éducation Nationale n’est plus pas en mesure d’assurer le remplacement immédiat de tous les enseignant-es.

Les collectivités territoriales rencontrent les mêmes difficultés avec les agents des écoles, des cantines ou de l’accueil périscolaire. Cette situation a un effet direct au quotidien puisqu’elle conduit à ne plus pouvoir appliquer le protocole sanitaire. Les élèves sont répartis dans d’autres classes ou groupes, ce qui ne permet plus du tout d’assurer le non-brassage : la sécurité de tous et toutes n’est plus assurée.

Le SNUipp-FSU demande depuis le mois de septembre des créations de postes en nombre suffisant pour faire face aux besoins suscités par la crise sanitaire. Devant la flambée épidémique et l'incapacité du ministère à recruter des contractuels en nombre suffisants pour faire face à l’urgence, il a demandé explicitement au ministre, la semaine dernière, de fermer les classes à chaque fois qu’un personnel enseignant était absent et non remplacé. Cette exigence est nécessaire pour protéger les élèves, les personnels et leurs familles. Pourtant, elle n’a pas été entendue et l’institution persiste à obliger les écoles à brasser les élèves.

C’est donc pour préserver et garantir la santé de toutes et tous que le SNUipp-FSU appelle les équipes à ne plus accueillir les élèves en cas de non-remplacement d’une ou d’un enseignant absent et de demander exceptionnellement aux familles de trouver provisoirement un mode de garde, dans l’attente de la mise à disposition d’un-e remplaçant-e par l'institution.

Cet appel contrevient à nos valeurs d’un service public d’éducation permettant l’accès de tous les élèves à une école de qualité mais il s’impose pour préserver la santé et la sécurité des enfants comme des adultes dans cette situation qui devient bel et bien catastrophique à cause de l’inaction du ministère !

Paris, le 29 mars 2021

La très forte poussée épidémique à l’école s’amplifie comme le confirment les dernières données communiquées par le ministère. Ainsi le nombre de cas positifs parmi les élèves recensé par le ministère, en hausse de 37%, est à nouveau le plus élevé depuis septembre et la mise en place des points sanitaires. De son côté, le nombre de fermetures de classes augmente de 61% et dépasse largement le plus haut niveau constaté en septembre, alors que la règle en vigueur à l’époque était encore de fermer la classe dès le premier cas identifié. Le retour à cette règle protectrice dans les 19 départements sous « mesures sanitaires renforcées » va accroitre encore ce nombre cette semaine.

Le nombre de cas rapportés ayant fréquenté un milieu scolaire issu du dernier bilan de Santé publique France augmente lui de 40%, atteint un niveau jamais recensé et montre également, s’il en était encore besoin, l’impact de l’école sur la diffusion de l’épidémie.

Le taux d’incidence par tranche d’âge scolaire a également flambé avec une envolée marquée en primaire : +42% maternelle et +36% élémentaire et également +24% collège et +22% lycée.

Enfin, et c’est un rappel constant, les données du ministère, reposant sur le déclaratif des familles, sont toujours très loin d’intégrer tous les cas positifs recensés par Santé Public France. Cette semaine, le ministère comptabilise 2,9 fois moins de cas parmi les élèves. Sans oublier que le manque de sens de données hebdomadaires pour une semaine s’arrêtant le jeudi à 13h perdure également.

Face à cette situation, il est prévu que les écoles restent ouvertes sans protection supplémentaire mis à part le retour, enfin, à une règle protectrice de fermeture de classe dès le premier cas dans les 19 départements reconfinés.

Des mesures doivent être prises le plus rapidement possible afin de ne pas mettre en péril la continuité du service public d'éducation et de permettre à tous les élèves de poursuivre leurs apprentissages en présentiel. Le SNUipp-FSU s'est adressé solennellement au ministre pour l’exiger.

- priorité d’accès à la vaccination pour les personnels ;

- définition des cas contacts identiques à celles une vigueur dans le reste de la société ;

- retour partout à la règle protectrice de fermeture de classe à partir d’un cas avéré pour casser les chaines de contamination ;

- mise en place effective de tests salivaires massifs réalisés dans les écoles par des équipes mobiles ;

- renforcement de l'aération des locaux ;

- allégement des effectifs

- fourniture gratuite de masques chirurgicaux aux élèves…

Les points essentiels


▶Le SNUipp-FSU livre son analyse de la situation sanitaire dans les écoles à partir des données communiquées par
le ministère de l’Education nationale et les académies dans leurs points de situation hebdomadaires, sur leurs sites ou
dans la presse. Ces données, loin d’être exhaustives, sont loin de refléter les données diffusées par Santé Publique
France notamment.
▶ Les données sont partielles et n’intègrent pas les informations des académies de Nice, Guyane et Martinique.
▶ Des décalages subsistent entre les données recensées par le ministère et les données publiées par les académies, notamment sur le nombre de fermetures de classes et d’établissements.

Une hausse nationale du nombre de cas positifs élèves :21183 cas contre 15484 le 19 mars, soit +36,8%

Une hausse nationale du nombre de cas positifs personnels :2515 cas contre 1809 le 19 mars soit +39%

Toujours des incohérences avec les chiffres de Santé Publique France (semaine 11) :
15 484 cas positifs élèves (MEN)
13 134 cas positifs élèves 0-9 ans (SPF)
32 712 cas positifs élèves 10-19 ans (SPF).

Le ministère de l’Education nationale comptabilise 2,9 fois moins de cas positifs élèves que Santé Publique France.

Une hausse nationale du nombre de fermetures de classes :

3256 fermetures contre 2018 le 19 mars, soit +61,3%

La pandémie actuelle aggrave les problèmes récurrents de remplacement dans les écoles et met en danger les personnels, les élèves et leur famille. En effet, le protocole sanitaire pose comme principe le non brassage des élèves de classes différentes au sein de l’école.

Or en l’absence de remplaçant ou remplaçante, les élèves sont accueillis et répartis dans les autres classes, rendant ainsi les efforts effectués vains !

Le ministre a été informé de l’existence de cette consigne syndicale par une lettre du SNUipp-FSU.

La consigne, en pratique

Pour préserver et garantir la santé des élèves, des familles et celle des personnels, dans le respect du protocole sanitaire, le syndicat  appelle les équipes à ne plus accueillir ni répartir les élèves en cas de non-remplacement de leur enseignant·e absent·e.

Il leur conseille :

  • De diffuser préalablement la lettre expliquant les raisons et les modalités de l’action ;
  • D’afficher les numéros de téléphone de l’inspection de circonscription et de l’inspection académique afin que les parents contactent les services pour obtenir un remplaçant ou une remplaçante ;
  • De mettre en place la diffusion rapide de l’information auprès des parents ;
  • De compléter l'application du SNUipp-FSU qui recense les classes non remplacées ;
  • De remplir une fiche RSST pour signaler le risque encourus par les personnels du fait du non remplacement et du brassage des élèves.
Comment communiquer aux parents ?

Après que le conseil des maîtres et maîtresses se soit réuni et ait décidé de la mise en place de la consigne, les familles doivent en être informées.
Le SNUipp-FSU invite les équipes à distribuer sous plis cacheté une lettre aux parents

L’épidémie flambe dans les écoles mais le ministère ne prend pas toutes les mesures supplémentaires pour la contenir. Certes, il vient d’annoncer, enfin, le retour à une règle protectrice de fermeture de classe dès le premier cas mais dans les seuls départements reconfinés. Une exigence portée par le SNUipp-FSU depuis plusieurs semaines mais qui ne recouvre pas tous les enjeux actuels, loin de là.
Tous les indicateurs sont pourtant au rouge écarlate.

Des chiffres alarmants 

Depuis janvier, le taux d’incidence a été multiplié par quatre chez les 0-9 ans, contre deux dans l’ensemble de la population, et il vient de doubler lors de ces 10 derniers jours en Ile-de-France. Nationalement, il a augmenté de 42% pour les enfants d’âge scolaire de maternelle et de 36% pour ceux d’élémentaire depuis une semaine. Le nombre de cas positifs ayant fréquenté un milieu scolaire a atteint un chiffre record lors de la semaine dernière de rentrée des vacances d’hiver. Depuis quelques jours les fermetures de classes se multiplient suite à des contaminations en masse parmi les élèves, les personnels enseignants ou territoriaux...
La situation se retrouve tendue sur tout le territoire, les personnels absents pour Covid ou cas contacts ne sont plus remplacés. La pression des IEN pour accueillir tous les enfants alors que l’encadrement n’est pas suffisant met en danger l’école et dégrade les conditions d’apprentissage des élèves.
Tous les artifices sont utilisés par le ministère pour masquer la réalité, au risque de mettre en danger le fonctionnement des écoles et de s’éloigner de l’objectif de recul des inégalités. Des remplacements sont assurés par des enseignantes et enseignants RASED, par des CPC, des directeurs ou directrices. Dans certains départements on supprime les classes dédoublées et partout on consent au brassage des élèves en dépit de toute protection sanitaire. En Seine-Saint-Denis, on invente même une «&nbspécole sans personnel enseignant&nbsp»... 
Les équipes d'école et les municipalités sont livrées à elles-mêmes pour tenter de maintenir debout un service public d’éducation affaibli et très loin d’être suffisamment protecteur.
La seule mesure sérieuse et protectrice prise pour l’école, se limite à la fermeture dès le premier cas dans les seuls départements sous «&nbsprestrictions sanitaires renforcées&nbsp». 
L’annonce de recrutement de personnels remplaçants arrive bien tard et ne permettra pas d’éteindre le feu dès les prochains jours dans les écoles. D’autant que le ministère n’est pas parvenu au mois de novembre à recruter suffisamment de contractuels pour remplacer les personnels vulnérables, le contexte actuel insécurisant va encore renforcer les difficultés de recrutement.

Depuis des mois, le SNUipp-FSU alerte et intervient auprès du ministère pour qu’il prenne enfin les mesures nécessaires : vaccination des personnels, cas contacts et règle de fermeture de classes redéfinis, tests salivaires massifs, cantines scolaires, allégement des effectifs, moyens pour l’aération, masques chirurgicaux fournis aux élèves comme aux personnels...
Il y a plus qu’urgence à freiner la propagation de l’épidémie et à prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires qui doivent être anticipées et préparées avec les personnels. Dans les départements où la circulation du virus explose, la question de fermer les écoles est clairement posée.
Le ministre et le gouvernement sont responsables de cette situation catastrophique qui met en danger les personnels, les élèves, leurs familles et la société dans son ensemble et qui n’est pas sans conséquence pour l’école et la société. Ils ne font rien pour l’éviter.

Autorisation parentale à recueillir, numéro de sécurité sociale à remplir dans des fichiers excels peu fonctionnels, rappel des familles pour les données manquantes, organisation des passages le jour J… Autant de tâches qui ont occupé ces derniers temps le quotidien des équipes des écoles cibles de la campagne de tests salivaires annoncée à grand renfort de médias par le ministère.

C’est d’ailleurs la seule petite mesure nouvelle qu’a prise le gouvernement en direction des écoles malgré des chiffres de contamination en forte hausse. Cette campagne s’organise par panel faisant davantage penser à une étude scientifique qu’à un véritable moyen de détection inscrit dans le fameux tryptique « tester, tracer, isoler ».

Un certain nombre de questions comme le choix des écoles testées, la légalité de la collecte de données confidentielles ou encore l’absence de retour sur les résultats restent pour l’heure sans réponse officielle. Une réunion mardi 23 mars entre les organisations syndicales et le directeur de cabinet du ministre de l’éducation nationale n’a pu donner que quelques chiffres factuels sur le nombre de tests réalisés la semaine du 15 mars : 170 000 tests réellement effectués pour 260 000 proposés avec un taux d’acceptation des parents compris entre 65 et 70%. Bien loin des 300 000 tests hebdomadaires annoncés...

Le ministère, après insistance des organisations syndicales, a également promis de communiquer sur les résultats en fin de semaine.

Reste à charge 

Enfin pour ce qui est du reste à charge de 1€, pour les personnels qui souhaiteraient se faire tester dans le cadre de cette campagne, aucune solution n’a été trouvée alors même que toutes les opérations de tests nasopharyngés réalisées en dehors de l’école sont entièrement gratuites. Une situation kafkaïenne qui vient s’ajouter au manque d’anticipation permanent depuis le début de cette crise épidémique.

Le ministère vient d'annoncer ce vendredi soir que dans les 19 départements où l'épidémie est la plus forte, une classe serait fermée à partir d'un cas positif décelé. Enfin, devrait-on dire alors que le SNUipp-FSU le demande depuis plusieurs semaines ! Le syndicat avec les personnels poursuit en même temps sa campagne pour obtenir la vaccination en urgence des professionnels de l’école et la gratuité des tests.

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