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Une première mobilisation réussie

Dans un contexte difficile, à commencer par la situation financières des premier·es concernées qui n'aide pas la grève, les AESH ont répondu présent·es partout en France. Que ce soit à Guéret, à Évreux ou encore au Mans ou à Toulouse, c'est la même colère qui dominait. Pour leur salaire, contre les PIAL, pour un vrai statut loin de la précarité actuelle, les AESH se sont mises en grève et ont commencé à se faire entendre.

Un métier pour permettre à l'école d'être l'école de tou·tes les élèves

Le quotidien que décrit Julie, AESH dans un collège parisien interviewée par France Info, est révélateur. À l'heure actuelle, l'inclusion des élèves porteur·euses d'un handicap repose en grande partie sur les AESH. Ces personnels accompagnent en effet les enfants, au quotidien, pour compenser leur handicap sur le temps scolaire. Déplacements, reformulations de consignes, gestion des émotions, prises de notes, aides motrices et tout un tas d'autres tâches leurs sont dévolues. Le tout pour permettre à l'école de jouer son rôle auprès de tous les enfants, sans discrimination. Noble tâche s'il en est...

Pourtant, comme le rappelait l'appel intersyndical à se mobiliser ce jeudi 3 juin, ces personnels, restent totalement méprisé·es par l'institution. Bien que représentant 10% du personnel des écoles, les AESH sont actuellement engagées dans des conditions indignes :

- Plus de 96% des AESH travaillent à temps incomplet, avec des quotités de travail moyennes aux alentours de 60% dans les écoles et de 65% dans les établissements du second degré.

- Ce temps de travail a des incidences sur les salaires qui sont très bas. Ainsi une AESH travaillant 24 heures par semaine sera rémunérée à hauteur de 760 euros par mois, un revenu considéré comme en dessous du seuil de pauvreté selon l'INSEE.

- Lors du premier CDD, une AESH est recrutée à l'indice 332, indice minimum de la Fonction publique. Elle pourra au mieux espérer atteindre l'indice 363, soit une perspective sur toute une carrière de 145 € bruts...

Quand à la mise en place des PIAL, il a dénaturé le sens du métier d'accompagnant·es en lui substituant une logique purement comptable au détriment du lien avec les élèves et leurs familles.

Enfin, cette situation est d'autant plus intolérable qu'elle touche pour l'immense majorité des femmes. Alors que l'égalité Femmes/Hommes devait être une grande cause nationale du quinquennat, elles sont en droit de demander des comptes à ce sujet. La FSU l'exprimait déjà lors du 8 mars dernier.

Certes le chemin pour obtenir satisfaction risque d'être encore long. Mais cette journée peut-être le début d'un tournant : La mobilisation des premier·es concerné·es pour la reconnaissance, par le Ministère, que l'école inclusive ne peut se faire sans moyens. Et que ces personnels doivent être reconnus à la hauteur de leur mission. C'est le sens du combat que mène le SNUipp-FSU.
Le site dédié L'appel

Depuis maintenant plusieurs mois nous constatons un climat politique et social alarmant. S’allier avec l’extrême droite ou reprendre ses idées ne constituent plus un interdit. Les propos et actes racistes et sexistes au travail et dans la vie se propagent. Les attaques contre les libertés et les droits sociaux s’accentuent gravement. Dans ce contexte politique, économique, social et sanitaire les injustices explosent et génèrent une forte misère sociale.

Plusieurs lois liberticides organisent une société autoritaire de surveillance et de contrôle qui empêcheraient d’informer sur des violences policières, déjà trop importantes. De plus, si certaines de ces lois stigmatisent une partie de la population en raison de sa religion, d’autres en ciblent en raison de leur activité militante.

Comme les signataires de l’appel pour les libertés et contre les idées mortifères de d’extrême droite, nous ressentons toutes et tous l’urgence de construire une réponse forte et unitaire qui dessine l’alliance des libertés, du travail et d’un avenir durable.

Face à ce climat de haine, raciste et attentatoire aux libertés individuelles et collectives, nous avons décidé collectivement d’organiser le samedi 12 juin une première grande journée nationale de manifestation et de mobilisations qui se déclinera localement.

Cette journée fait partie des initiatives unitaires qui se multiplient. D’ores et déjà, nos organisations syndicales, politiques, associations, collectifs, signataires de l’appel, ont décidé de co-construire ce combat dans la durée.

Les premiers signataires :

Syndicats : CGT, FSU, Union syndicale Solidaires, Syndicat des Avocats De France, Syndicat de la Magistrature, UNEF (Union nationale des Étudiants de France), UNL (Union nationale des Lycéens), Fidl, MNL (Mouvement national Lycéen), FSE (Fédération Syndicale Etudiante, l’Alternative, Confédération Paysanne, USP (Union Syndicale de la Psychiatrie), CNT-SO, CGT-Police, Résilience France, SNMPMI (Syndicat National des Médecins de Protection Maternelle et Infantile).

Associations et collectifs : Attac, LDH, FCPE, Fondation Copernic, Oxfam, Alternatiba, Amis de la terre, Résilience commune, DAL, CNL (Confédération nationale du Logement), Comité justice pour ibo, Emancipation collective, Rencontre des justices, Coexister, CRAN, SOS Racisme, QNQF (Quartiers nord, Quartiers forts Marseille) , Observatoire National contre l’extrême droite, MRAP, association ViSA, Femmes égalité, Collectif National pour les Droits des Femmes, Collectif féministe Les Rosies, Les effronté.e.s, JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) , AFPS, Conseil démocratique Kurde France, FTCR, CRLDHT, UTAC, France Amérique Latine, La Jeune Garde (Lyon, Strasbourg et Paris), Université Ouverte, Unis pour le climat et la biodiversité, collectif Police Contre la Prohibition, Youth For Climate, Changer de Cap, Compagnie Jolie Môme, Mémoire Traumatique et Victimologie, Héro.ïnes95, Union des Femmes Socialistes de Turquie, La Maison des Femmes de Montreuil, CNAJEP, les Francas.

Médias : Regards, L’Humanité, Politis, Contretemps, Le Media, Blast

Organisations politiques : ENSEMBLE !, Génération.s, La France Insoumise, EELV, GDS, Nouveaux Démocrates, NPA, Place Publique, le Parti de Gauche, Nouvelle Donne, les jeunes écologistes, MJCF (Mouvement des Jeunes Communistes), UEC, PEPS, Jeunes Génération.s, Rassemblement Communiste, UCL (Union Communiste Libertaire), PCOF, MdP (Mouvement des progressistes).

Organisé dans un contexte de modification des programmes, le colloque a réuni plus de 500 collègues autour de différentes thématiques. Le SNUipp-FSU invite la profession à s'emparer des conseils des maitres et maîtresses, de la journée de pré rentrée ou autre moment de leur choix pour voir ou revoir les interventions.

Table ronde :
Quels choix pour l'école maternelle ? Christophe Joigneaux : « Evolution de l'école maternelle et construction des inégalités scolaires »

Maitre de conférence à en sciences de l'Éducation à l'UPEC (Université de ParisEst Créteil), formateur à l’INSPE de Créteil.

Ses travaux portent sur l’évolution des missions dévolues à l’école maternelle, notamment par l’étude de ses orientations et programmes successifs depuis sa seconde création, en 1881. Cette mise en perspective historique permet de mieux cerner comment la pluralité de ces missions et les tensions pédagogiques qui en résultent peuvent avoir des effets inégalitaires quand, dans le même temps, les enseignantes et enseignants sont privés des moyens d’y faire face.

Anne Clerc-Georgy : «  (Re)définir les apprentissages fondamentaux : le rôle du jeu »

Professeure à la HEP du canton de Vaud en Suisse. Elle est membre du laboratoire Lausannois Lesson Study (3LS) et du groupe d'Intervention de Recherche sur les Apprentissages Fondamentaux (GIRAF).

Ses recherches portent sur la formation des enseignantes et enseignants et sur l'enseignement-apprentissage dans les premiers degrés de la scolarité. Ses propositions pédagogiques replacent le jeu spontané des élèves au centre des apprentissages réellement fondamentaux qu'ils doivent réaliser à l'école.

Sylvie Cèbe : « Comprendre des textes complexes à la maternelle »

Maîtresse de conférence en sciences de l'éducation à l'ESPE de Clermont-Auvergne et membre du laboratoire ACTé.

Son activité de recherche vise à cerner les caractéristiques des pratiques pédagogiques les plus capables d'aider les élèves les moins performants à acquérir les compétences qui sous-tendent la réussite scolaire et, plus particulièrement, la compréhension en lecture. C'est parce que dès la maternelle les enfants sont capables de comprendre des textes complexes que Sylvie Cèbe a développé Narramus.

L'intégralité de la matinée


Ateliers participatifs Sylvie Plane : « L'évaluation positive : valoriser les progrès pour aider à comprendre et à apprendre »

Professeure émérite de sciences du langage - Sorbonne Université. Ancienne vice-présidente du CSP

Pratique instaurée en 2015, l’évaluation positive est fondée sur l’observation attentive et continue des élèves en train d’apprendre. Tout en valorisant le cheminement de l’élève, elle soutient l’activité enseignante, sans visée prédictive, ni sélective. Comment la mettre en œuvre et la valoriser ?

Patrick Lamouroux : « Agir et s'exprimer avec le corps pour entrer dans la pensée »

Professeur et formateur en EPS - Membre du groupe d'experts chargé de la rédaction du projet de programme de 2015.

La pratique quotidienne d'activités physiques et artistiques contribue au développement moteur, sensoriel, affectif, social des élèves. Elle favorise la coopération et contribue à la sociabilisation. Mais elle participe également à la construction des savoirs quand le passage du « faire » à « penser le faire » est assuré. Comment s'y prendre ?

L'intégralité de l'après-midi

Alors que les migrations vers l’Europe continuent à causer dans un silence assourdissant des centaines de morts en Méditerranée et que depuis 2015, la politique européenne d'accueil des migrant·es ne cesse de se durcir et de criminaliser les migrations. Comme souvent, les femmes en subissent plus fortement les conséquences et sont victimes de nombreuses violences sur la route de leur exil.

Dans ce contexte, l’Assemblée PACA « Toutes aux frontières », née en 2020, rejointe par de nombreux collectifs féministes, des militant-es féministes et soutenue par de nombreuses organisations, dont la FSU, organise un événement d’ampleur à Nice le 5 juin 2021

Cette action « Toutes aux frontières » vise à affirmer et à rendre visible la parole de féministes sur les politiques migratoires européennes actuelles et refuser :

• Le durcissement des politiques migratoires qui menace les droits fondamentaux des individus.
• Le renforcement et le durcissement des contrôles aux frontières.
• les pratiques administratives inhumaines et l’absence de protection juridique pour les personnes en situation de migration.
• l’accueil indigne et conditionnel réservé aux personnes en situation de migration. 

Pour revendiquer un accueil digne et une tout autre politique migratoire en Europe, le SNUipp, avec la FSU, appelle à participer à l'initiative "Toutes aux frontières" le samedi 5 juin prochain à Nice.

Retrouvez ici toute les informations

Accéder à l'application

Le statu quo n’est plus tenable et il y a urgence à agir pour la direction et le fonctionnement de l’école, les évolutions portées par le texte sur le rôle du directeur et de la directrice dénaturent profondément le modèle de l'École de la République qui a largement fait ses preuves.

Un constat pourtant simple

Aujourd'hui les directeurs et directrices subissent un nombre croissant de sollicitations, qui dépassent souvent le cadre de leurs missions et  qui dégradent leurs conditions de travail. . Leur quotité de décharge est encore très insuffisante et les emplois d’aide administrative ont été supprimés en 2017. Aucune des mesures prévues n’ont vu le jour. La loi risque d’accentuer ce surcroît de travail tout en isolant le directeur et la directrice de son équipe.

Pourtant dans une enquête du ministère de l’automne 2019, 65 % des directrices et directeurs d’école ont réaffirmé les urgences :

● ils et elles estiment leur autorité reconnue par « les IEN (82 %), les élus municipaux (82 %) et les enseignants (81%) » et ne souhaitent pas un statut (91%)

● ils et elles réaffirment avoir besoin de moyens et de temps pour assurer ce qu’ils considèrent comme le cœur de leur fonction : « le suivi collectif des élèves et des projets pédagogiques, le travail en équipe, le pilotage de l’équipe. »

● la première piste d’amélioration exprimée spontanément est d’ « avoir une aide humaine / un poste de secrétariat pérenne ».

Et des réponses inadaptées

La crise sanitaire a mis en lumière cette surcharge de travail. Et si l’école fait front depuis plus d’un an, c’est grâce à son fonctionnement collectif, qui implique l'ensemble des membres de l'équipe pédagogique, et au soutien des collectivités. 
Ce fonctionnement collectif, sous l’autorité de l’inspecteur ou l’inspectrice de l’Education nationale est percuté par le texte voté au Sénat dans lequel a été retirée la mention adoptée par l’assemblée nationale disant que « le directeur n’exerce aucune autorité hiérarchique ». Or, même « fonctionnelle », l’autorité n’a rien d’anodin et reviendrait à placer explicitement le-la directeur-trice dans la chaîne hiérarchique comme décisionnaire. Avec la « délégation de compétences de l’autorité académique » et son rôle « d’encadrement du système éducatif », le-la directeur-trice pourrait alors être comptable d’objectifs à rendre au DASEN.

Ces évolutions vont à contre-courant des besoins du service public d’éducation. Au printemps 2019, la communauté éducative s’était fortement mobilisée contre une telle transformation du fonctionnement de l’école.
C’est pour le cela que le SNUipp-FSU et 3 autres organisations syndicales demandent l’abandon de toute instauration d’une hiérarchie dans les écoles tout en réclamant des moyens pour assurer son fonctionnement.
Les données essentielles

▶ Le SNUipp-FSU livre son analyse de la situation sanitaire dans les écoles à partir des données communiquées par le ministère de l’Education nationale et les académies dans leurs points de situation hebdomadaires, sur leurs sites ou dans la presse. Ces données, non exhaustives, sont loin de refléter les données diffusées par Santé Publique France
notamment.
▶ Les données sont partielles et n’intègrent pas les informations des académies de Nice, Paris, Guadeloupe, Guyane, Martinique et Mayotte.
▶ Il est à noter que le point de situation de cette semaine porte sur une semaine “tronquée” puisque le lundi n’était pas travaillé.

Une baisse nationale du nombre de cas positifs élèves : 11725 contre 12922 cas le 21 mai, soit -9,3%

Une hausse nationale du nombre de cas positifs personnels : 886 contre 1322 cas le 21 mai soit -33%

Toujours des incohérences avec les chiffres de Santé Publique France (semaine 20) :
12922 cas positifs élèves (MEN)
7814 cas positifs élèves 0-9 ans (SPF)- 15510 cas positifs élèves 10-19 ans (SPF)

Le ministère de l’Education nationale comptabilise 1,8 fois moins de cas positifs élèves que Santé Publique France.

Une campagne de dépistage peu efficiente :

346 221 tests réalisés pour 761 cas positifs. Taux de positivité de 0,22%

Une stagnation nationale du nombre de fermetures de classes :5115 fermetures contre 5110 le 21 mai, soit +0,1%

Malgré l’accord unanime dont avait fait l’objet les programmes de maternelle 2015 par la communauté éducative et son appropriation par la profession, le ministère a fait le choix de les modifier. Sans concertation, en décembre dernier, le conseil supérieur des programmes (CSP) publie une note remettant en cause la philosophie même des programmes. Mais c’était sans compter sur les fortes mobilisations du SNUipp-FSU et ses partenaires syndicaux et éducatifs pour défendre les spécificités de la maternelle. Vent debout, ils affrontent ensemble cette tempête pour conserver une école maternelle bienveillante et exigeante, respectant le rythme du jeune enfant et la progressivité des apprentissages. De nombreux allers retours sur le texte ont lieu au ministère avant la tenue du conseil supérieur de l'éducation et des modifications également en cours de séance. Il en résulte une prise de distance très nette avec la note du CSP.

L’essentiel est sauf

Les PE vont-ils devoir modifier leurs pratiques à la rentrée de septembre ? La réponse est non. La grande section devient-elle l’année de préparation des évaluations CP ? Non. La place du jeu et du corps sont-ils remis en cause ? Non. Les PE devront-ils apprendre à leurs élèves des listes de mots ? Non. Le programme 2021 constitue donc davantage des aménagements du texte de 2015 qu’un nouveau programme. Les grands principes qui fondent la spécificité de la maternelle sont réaffirmés comme l’éducabilité de tous les élèves, l’évaluation positive, une école accueillante adaptée aux jeunes enfants qui respecte les différences de rythme et de développement, les modalités et domaines d’apprentissage, le développement multi-dimensionnel… La place de la littérature jeunesse, de l’écriture inventée, du jeu, la construction du nombre est réaffirmée. La maternelle demeure garante des spécificités du cycle 1 et des façons particulières dont les jeunes élèves apprennent.

Des points de vigilance demeurent

Toutefois, l'augmentation des attendus des programmes dont certains apportent des objectifs de cycle 2  pourraient mettre en difficulté nombre d’élèves, notamment les élèves des milieux populaires. Le ministère en minore la portée en les présentant comme des objectifs potentiels mais non exigibles pour tous les élèves. Le SNUipp-FSU, en désaccord avec ce renforcement de ces attendus,   saura le rappeler en temps et en heure. Cependant demeure le risque d’une mise en échec artificielle avec le danger de prescriptions de séquences d’enseignement très « scolaires » ne donnant pas le temps nécessaire à l’acculturation aux attendus de l’école. L’autre source d’inquiétude est l’annonce de documents d’accompagnement. Depuis 2017, l’empilement des guides a produit une inflation sans précédent du prescrit. En outre, bien que des documents d’accompagnement puissent être conçus comme de simples ressources sans caractère obligatoire, l’expérience montre que la hiérarchie intermédiaire considère bien souvent ces guides comme des prescriptions officielles. Le SNUipp-FSU y sera vigilant.

Défendre la professionnalité

Le SNUipp-FSU encourage donc la profession à utiliser les marges de manœuvre que laissent ces nouveaux programmes. Il soutient et considère les PE comme les acteurs et actrices de la transformation de l’école. Leur professionnalité ne peut être remise en cause. Les débats en lien avec la recherche pour améliorer l’école et la rendre plus démocratique sont nécessaires et doivent se poursuivre. C’est l’objectif du prochain colloque du SNUipp-FSU « Maternelle : il faut voir grand pour les petits » qui se tiendra mardi 1er juin. Seront présents pour échanger différents chercheurs et chercheuses spécialistes de la maternelle et de nombreux enseignants et enseignantes (plus de 800 inscrits à ce jour).

Les conclusions de ce "grenelle" actent l’enterrement définitif d’une loi de programmation pluriannuelle de revalorisation des enseignant·es et des AESH. Loin d’être “historique”, cette revalorisation restera anecdotique pour la majorité d’entre elles. Une partie des annonces chiffrées concernent des mesures déjà actées par ailleurs. Reconduction de la prime direction d’école, extension en année pleine des mesures annoncées l’an dernier pour 100 millions, participation de l’Etat à la protection sociale complémentaire dans toute la Fonction publique ce qui représente 200 millions pour le million d’agent·es du ministère. Seuls 400 millions d’engagements nouveaux ne peuvent répondre à la baisse du pouvoir d’achat suite au gel de la valeur du point d’indice (près de 12% depuis 2010), et encore moins au déclassement salarial des enseignant·es ou à la situation salariale indigne des AESH. En début de carrière l’écart est de 9,5% avec les pays de l’Union européenne et se creuse à 23,5% après 15 ans de carrière. 

Le ministre recycle l’observatoire des salaires qu’il n’avait jamais mis en œuvre pour en faire un “observatoire des rémunérations et du bien-être”. Un bien-être déjà mis à mal par la politique éducative poursuivie depuis 4 ans et qui risque fort de se dégrader encore avec les autres mesures annoncées. Le souhait de la majorité des enseignant·es n’est pas d’accéder à un poste d’encadrement, ni pour les directrices et directeurs d’écoles de devenir des managers... ou encore de « bénéficier » d’un suivi rapproché. Ils et elles exigent bien au contraire une reconnaissance de leur expertise professionnelle et un renforcement de leur liberté pédagogique au service de la réussite des élèves qui leurs sont confiés.

12 mesures ont été présentées par le ministre lors de sa conférence de presse : Mesure 1: "mieux reconnaître financièrement l’engagement des personnels"

Le ministère annonce une enveloppe de 700 millions d’euros pour la revalorisation en 2022. Mais 200 millions étaient déjà prévus dans le cadre de la mise en place d'un forfait d'aide à la souscription d'une mutuelle et 100 millions qui ne sont que la montée en puissance des mesures 2021, comme la prime informatique, une prime pour les directions d'école ou encore une nouvelle augmentation du ratio de la hors classe. Au final seuls 400 M€ seront destinés à des mesures nouvelles. En 2021, seul un tiers des personnels enseignants et psychologues ont été augmentés entre 100€ net par mois pour les tout débuts de carrière et jusqu'à 36€ pour l'échelon 7. 

De toute évidence, ces différentes sommes ne permettront pas au plus de 600 000 enseignant·es (public et privé) exclus de la prime d’attractivité, de bénéficier d’une augmentation de salaire. Pour exemple, en 2021, l’augmentation du ratio de passage à la hors classe n’a bénéficié qu’à 1 700 personnes.

Mesure 2 : "Donner à chacun la possibilité de faire connaître ses compétences et ses souhaits"

Cela se traduit par la création d'une nouvelle direction au ministère pour les emplois d'encadrement : un vrai besoin pour le fonctionnement de l'éducation nationale ? 

Mesure 3 : "Permettre à chacun d’être acteur de son parcours professionnel"

Avec deux axes, fluidifier les carrières et favoriser les mobilités, le ministère rappelle des mesures qui avaient déjà été annoncées. Ainsi celle  qui concerne l’augmentation du ratio de promotion à la hors classe, avec un taux qui serait de 18% pour 2021 et 2022 (17% en 2020).

Pour la classe ex, aucune mesure concrète n’est annoncée, alors que des discussions ont lieu depuis plusieurs mois sur les fonctions éligibles mais aussi sur la modification de la répartition des promotions entre le vivier 1 et le vivier 2 (qui relève d’un décret FP, pas seulement MEN). Ce que ne dit pas le ministère c’est que ces réflexions sont engagées, non pas pour augmenter le nombre de promo, mais pour réaliser les nombres de promotions prévues (autrement dit pour éviter les pertes de promotions). 

Sur les mobilités, les annonces semblent aller dans le bon sens, avec une meilleure prise en compte de l'ancienneté mais un point essentiel est totalement absent : la mobilité géographique. Dans le 1er degré, les résultats des mutations interdépartementales montrent un taux de satisfaction faible encore en baisse cette année. Mettre en place une structure d’aide ou un portail mobilité n’a aucun sens pour les milliers de collègues qui ne voient pas aboutir leur demande de changement de département.

Mesure 4 : "Personnaliser l’accompagnement des professeurs"

Avec l'idée de « renforcer les équipes chargées du suivi rapproché des professeurs », le ministre introduit l'idée que l'évaluation ne reposerait plus uniquement sur les IEN, mais sur des “professeurs en services partagés”. Cela pose un problème évident en termes de hiérarchie. Le ministre dans sa communication fait des amalgames entre RDV de carrière, accompagnement individuel et accompagnement d’équipe et fait ainsi glisser des responsabilités entre IEN et conseillers pédagogiques. Il propose d’augmenter le nombre de CPC avec pour objectif de mieux répartir la charge de travail entre les acteurs et accompagner dans le cadre du PPCR… Le CPC pourrait ainsi être chargé d’une évaluation d’école. Il y a clairement la volonté de les impliquer dans le pilotage pédagogique pour les préparer à “s’engager dans des fonctions d’encadrement”. Il y a un risque de création d’un encadrement intermédiaire avec le déploiement de ces “fonctions mixtes”. 

Mesure 5 : "Bénéficier de nouveaux avantages sociaux"

Le MEN va créer "Préau", une association nationale chargée de développer une offre de prestations culturelles, sociales, touristiques et de loisirs à destination de tous ses personnels. Il prévoit un déploiement de l’offre dès la rentrée scolaire 2021 et une augmentation en 2022 des crédits de l’action sociale ministérielle.
Deux niveaux d'action à ne pas mélanger puisque l'action sociale permet une aide aux agent·es en difficulté financières et aux ménages aux revenus modestes par le versement des prestations interministérielles ( aide aux vacances, pour le handicap) alors que la création d'une sorte de "comité d’entreprise" permet d’avoir des offres et des avantages sur des sorties culturelles et de loisirs. Cette dernière création est une bonne chose à la condition qu'elle ne prenne pas justement sur les crédits alloués à l'action sociale. 

Mesure 6 : "Construire un lien direct entre les personnels et les services administratifs"

Développement de l’espace numérique COLIBRIS pour des échanges plus simples entre les personnels et l’institution. Mais cette création d'un nouvel espace numérique est-elle réellement nécessaire ? La première chose, moins coûteuse, serait tout simplement que les services répondent aux questions des personnels. D’ailleurs, le directeur de la DGRH s’est engagé à ce que les services disent bonjour dans leur communication avec les agent·es… (sic)

Espérons surtout que cela ne se traduira pas par une nouvelle réduction de personnels au sein des DSDEN

Mesure 7 : Dans le 1er degré, "donner le pouvoir d’agir aux équipes éducatives" grâce à "une direction d’école consolidée"

La présence de la députée Rilhac montrait que sa proposition de loi et les conclusions du Grenelle sur la direction d’école faisaient corps.
Jean Michel Blanquer a rappelé ce qu’on savait déjà : 600 ETP supplémentaires pour assurer les décharges de direction d’école, indemnité pérennisée de 450€ brut annuel. Une promesse d’augmentation de cette indemnité pour 2022 est annoncée, pas inutile quand celle de cette année n'a finalement été que de 37,50€ brut /mois ; Hors de question par contre que cette augmentation soit conditionnée à des contreparties comme des missions ou des responsabilités supplémentaires.
Mais le ministre veut aller plus loin et ce qu'il appelle une « direction consolidée » peut se résumer au renforcement de l’autorité du directeur ou de la directrice, au détriment du fonctionnement collectif, et sans répondre aux besoins urgents de temps, de création d’emploi d’aide et de formation.

La Mesure 8 concerne le 2nd degré  Mesure 9 : "Partager avec tous les personnes les évolutions du pouvoir d’achat et du bien-être au travail"

L’Observatoire des rémunérations et du bien-être des personnels (Orbe) avait déjà été annoncé (mais non suivi d’effet) en 2019. Il est aujourd’hui réactivé. Sa structure et sa composition sont détaillées pour la première fois.
Les constats et les souhaits des enseignant·es, psyEN et AESH sont connus en termes de salaire comme en termes de “bien-être” (mobilité etc…). Les données chiffrées (salaires, mobilité…) apparaissent dans différents documents comme le bilan social, les études de la DEPP, le rapport annuel de la Fonction publique ou encore la publication Regards sur l’éducation de l’OCDE. Dès lors, la création d’un tel observatoire avec une formation plénière et un groupe technique, apparaît comme un étage de plus, une complexification supplémentaire au fonctionnement du MEN.
La thématique du bien-être au travail, adossée à celle du pouvoir d’achat (!) reprend les orientations telles qu’elles avaient été déclinées dans l’agenda social. Il ne s’agit pas de l’amélioration des conditions de travail - dont le ministère se soucie bien peu - mais de l’amélioration de la qualité de vie via le développement de certains dispositifs (développement action sociale, accès au logement, prêts, etc…). 

Mesure 10 : "Gérer les ressources humaines au plus près des territoires" via les feuilles de route RH académiques

Dans le cadre de la transformation RH entamée à l’automne 2019 et le déploiement de la RH de proximité en académie, "un plan d’actions dans les territoires" a été lancé en septembre 2020. Il se concrétise par des "feuilles de route RH" académiques, pilotées par les recteurs. Leur diffusion est prévue à partir du 27 mai. Cette transformation RH arrive en même temps que la destruction des cadres collectifs de gestion des personnels. Mais les RH de proximité n’auront rien à dire ni à proposer au vu des restrictions de droits concernant les disponibilités, le temps partiels, la mobilité et le manque de moyen pour la formation.

Mesure 11 : "Assurer une continuité pédagogique efficace"

En cas d’absence d’un professeur, les écoles et établissements devront assurer la permanence pédagogique des élèves sur l’ensemble de leur temps scolaire, dans le premier comme dans le second degré. Le ministère propose de poursuivre sur le mode hybride mis en place pendant la crise sanitaire pour assurer "la continuité pédagogique". Il souhaite généraliser les applications numériques actuellement en expérimentation dans certains départements. 

Mais quid des modalités ? Sur qui reposerait cette organisation ? Sur l’enseignant·e absent·e qui devrait anticiper la continuité ? Sur l’équipe pédagogique ? Quid des problèmes matériels des élèves ? Des questions qui restent toujours présentes et essentielles. Peut-être qu'avant la question de l’application numérique, se pose la question du nombre de remplaçants et remplaçantes disponibles et donc des moyens alloués à l’école.

Mesure 12 : "Faciliter l’accès à une formation continue davantage diplômante"

Le ministère propose de lancer un appel à manifestation d’intérêt pour créer, dans les académies qui le souhaitent, une école académique de la formation continue, responsable du pilotage et de l’animation de l’ensemble de la politique de formation académique, sous la responsabilité d’un directeur et associant l’Inspe et le réseau territorial de Canopé.
Cette proposition consiste donc essentiellement à renommer l’existant en créant des Écoles académiques de formation continue mais l’important ne serait-il pas de donner les moyens nécessaires pour permettre enfin une formation continue de qualité et accessible à toutes et tous ?

En définitive, ces annonces confirment les visions d’un ministre qui voudrait diriger son ministère comme on « manage » une entreprise. Or, et encore plus après une année d’école sous covid, le service public d’éducation a avant tout besoin de moyens et de personnels reconnus. L’école n’a nul besoin de ce “grenelle” et de nouvelles dénominations aussi jolies soient-elles pour alimenter un plan de communication mais bien d’un véritable plan d’urgence.

Communiqué de presse du Forum maternelle

Après la publication de la note d’analyse du Conseil Supérieur des Programmes parue en décembre et suite à une tribune publiée dans Libération, notre collectif a demandé une audience au ministre de l’Éducation nationale le 11 février. Nous souhaitions, en tant que professionnels de l’éducation, être associés aux travaux de réflexion sur les programmes de l’école maternelle.

Après une relance le 19 mars, nous avons obtenu une réponse de non-recevoir le 8 avril. Il nous a été stipulé qu’un groupe de travail, dont on ne connait pas les membres, réuni depuis janvier, proposait un texte « amodié » (sic) aux organisations représentatives siégeant au Conseil Supérieur de l’Éducation. Il nous a été recommandé de nous rapprocher des syndicats faisant partie du collectif pour en prendre connaissance et ainsi contribuer à la consultation.

Les organisations syndicales ont effectivement reçu, le même jour, un « projet de programme 2021 » et une convocation à une réunion le 14 avril. Depuis, une nouvelle version du texte ministériel a été envoyée le 5 mai aux syndicats et une commission spécialisée du Conseil supérieur de l’Éducation s’est tenue. Le 19 mai, nous avons reçu une dernière version qui prend en compte certaines modifications portées par les organisations membres de notre collectif qui siègent au CSE.

Néanmoins, le CSP n’a pas fait son travail pour évaluer le programme de 2015 avec celles et ceux qui le mettent en œuvre, c’est-à-dire les enseignant·e·s en maternelle, et cette concertation n’a pas inclus les mouvements pédagogiques qui ont des analyses et des propositions à faire valoir. Les aménagements de ce « programme 2021 » de la loi « pour une École de la confiance » ne modifient pas complètement les grandes orientations du programme 2015 mais en changent en partie l’esprit qui était celui de la loi « sur la refondation de l’École de la République ».

Les éléments de progressivité ajoutés, notamment concernant la langue et la phonologie, et une anticipation des attendus nous inquiètent. Ils se rapprochent fortement des contenus des évaluations de CP qui semblent alors piloter les attendus alors que celles-ci, selon leurs concepteurs, identifient certaines habiletés remarquables qui ne peuvent être attendues de tous les enfants.

À la veille du vote de ce texte au Conseil supérieur de l’éducation le 27 mai, nous restons vigilants et continuons de défendre une école soucieuse du développement de l’enfant dans toutes ses dimensions et des progrès de chaque élève, dans le respect des différences si prégnantes chez les jeunes enfants mais aussi une école avec des objectifs communs ambitieux pour tous. Nous vous demandons à nouveau de prendre en compte toutes les modifications proposées lors de la séance plénière car celles-ci se fondent sur nos savoirs d’expérience professionnelle et les savoirs des recherches.


Grenelle de l'Éducation : encore des mots

A l’occasion de la restitution des ateliers du Grenelle de l’Education, Jean-Michel Blanquer a annoncé des mesures qui sont loin d’être à la hauteur de la « revalorisation historique » promise par le ministre depuis des mois. Jean-Michel Blanquer évoque des engagements sans aucune garantie pour les années à venir, abandonnant toute idée de loi de programmation pluriannuelle qui aurait permis de donner de la visibilité et de la crédibilité au processus. Encore un renoncement !

L’annonce d’une augmentation de 400 millions d’euros au budget 2022 ne concerne pas tous les personnels de l’Education nationale alors même qu’une revalorisation de tous les agents est nécessaire. Le ministre a longuement salué l’engagement des personnels du service public d’Education pendant la crise sanitaire, mais les mots ne suffisent pas !
La FSU rappelle sa demande d’une revalorisation qui concerne l’ensemble des personnels, titulaires et contractuels. Elle a aussi insisté sur l’urgence de la situation des AED et AESH et sur une politique salariale qui vise l'égalité entre les femmes et les hommes.

Les autres annonces oscillent entre mesures qui relèvent de l’affichage et transformations profondes et inquiétante du système éducatif, par exemple en matière de ressources humaines. Les perspectives sur le remplacement, les collectifs pédagogiques, la direction d'école, vont être discutées en juin. La FSU considère qu'il n'est pas sérieux de traiter toutes les questions des métiers de l’éducation dans un calendrier aussi court et avec aussi peu de clarification sur le lien avec les questions de revalorisation : s'agit-il de définir de nouvelles missions pour "justifier" la revalorisation ? Pour la FSU, la revalorisation doit se faire sans contrepartie.

Il faut une autre politique pour le service public d’Education : la FSU appelle donc les AESH à la grève le 3 juin. Au terme de ces 18 mois de crise sanitaire, il faut une autre politique d’Education avec un véritable plan d’urgence pour l’Ecole et la rentrée 2021.

Les Lilas, le 26 mai 2021

Après quatre semaines de reprise de l’école, les chiffres montrent que la situation sanitaire globale s’est améliorée mais que l’épidémie est toujours présente dans les écoles comme dans le reste de la société.

Le taux d’incidence des élèves se maintient pour les 3-5 ans (119) tandis que celui des 6-10 ans diminue très légèrement (183). Globalement l’incidence de la tranche d’âge des 0-14 ans est la plus élevée dans la population après celle de 15-44 ans montrant l’impact de la vaccination comme celle de l’école sur la diffusion du virus.

Bien que le recensement chiffré de cette semaine porte sur une semaine « tronquée » -les écoles étant fermées les jeudi et vendredi précédents suite au pont de l’Ascension-, le nombre de cas recensés parmi les élèves a augmenté de 35% et celui des fermetures de classes s’est maintenu à un haut niveau avec 5 110 cas recensés. La règle de fermeture dès le premier cas de Covid appliquée joue ainsi tout son rôle protecteur de prévention de propagation de l'épidémie dans les écoles. Et pour cela, elle doit durer tant que durera l’épidémie pour permettre d’y venir à bout.

La prévention par le biais de campagne de tests massives et régulières est en recul et très loin, une nouvelle fois, des ambitions affichées par le ministère. Seulement 173 299 tests ont ainsi été réalisés la semaine dernière, très loin des 800 000 annoncés et même en recul par rapport aux 245 000 réalisés fin mars. Pour permettre un traçage et une détection nécessaire du virus, le ministère doit démultiplier le nombre de tests proposés et ouvrir les possibilités d'autotests aux élèves du primaire comme le permet l’autorisation de la Haute autorité de santé qui valide une préconisation du conseil scientifique.

Enfin la priorité de vaccination pour les personnels de l’école sans condition d’âge qui s’ouvre seulement aujourd’hui, une semaine seulement avant l’accès de toute la population majeure sans conditions à la vaccination, démontre le mépris du gouvernement pour les personnels qui, sur le terrain depuis le début de l’année, gèrent la crise sanitaire et pallient au manque d’anticipation du ministère pour sécuriser les écoles.

Pour permettre une fin d'année sécure et anticiper la rentrée prochaine, le ministère doit en parallèle recruter d’urgence des remplaçants, financer l’achat par les collectivités locales de capteurs de CO2, fournir enfin les personnels et les élèves en masques chirurgicaux …

Les données essentielles


▶ Le SNUipp-FSU livre son analyse de la situation sanitaire dans les écoles à partir des données communiquées par le ministère de l’Education nationale et les académies dans leurs points de situation hebdomadaires, sur leurs sites ou dans la presse. Ces données, non exhaustives, sont loin de refléter les données diffusées par Santé Publique France
notamment.
▶ Les données sont partielles et n’intègrent pas les informations des académies de Nice, Poitiers, Guadeloupe, Guyane, Martinique et Mayotte.
▶ En l’absence de communication du ministère la semaine dernière, les données sont comparées avec celles du point de situation du 7 mai. Il est à noter que le point de situation de cette semaine porte sur une semaine “tronquée” avec une période d’observation allant du lundi au jeudi 13 heures.

Une hausse nationale du nombre de cas positifs élèves : 12922 cas contre 9536 le 07 mai, soit +35,5%

Une hausse nationale du nombre de cas positifs personnels : 1322 cas contre 768 le 07 mai soit +72,1%

Toujours des incohérences avec les chiffres de Santé Publique France (semaine 18) :
9536 cas positifs élèves (MEN)
10043 cas positifs élèves 0-9 ans (SPF)- 19000 cas positifs élèves 10-19 ans (SPF)

Le ministère de l’Education nationale comptabilise 3 fois moins de cas positifs élèves que Santé Publique France.

Une campagne de dépistage peu efficiente :

173 299 tests réalisés pour 294 cas positifs. Taux de positivité de 0,17%

Une hausse nationale du nombre de fermetures de classes :
5110 fermetures contre 4992 le 07 mai, soit +2,4%

Rassemblements AESH 3 juin

Passez votre souris sur la région souhaitée pour plus d'informations.

Un constat accablant 

Bien que représentant 1 personnel sur 10, les AESH restent toujours les grand·es oublié·es de l'Education nationale. 

Alors que, dans le cadre de l'école inclusive, leur rôle est essentiel, ces personnels sont pourtant indispensables. Malgré tout il n'existe toujours aucun statut reconnaissant leur fonction. 

L'accompagnement construit et suivi dans une relation de confiance, au service de l'élève et de sa scolarité,  est complètement nié par la mise en place des PIAL (Pôle Inclusif d'Accompagnement Local). Ces derniers oublient totalement le bien-être des élèves et des personnels avec une logique purement présentielle, 1 notification = 1 AESH, au détriment d'un accompagnement de qualité. 

Quant au salaire, déjà très insuffisant à cause d'une grille indiciaire indécente, il n'atteint bien souvent pas le seuil de pauvreté fixé par l'INSEE à cause des temps partiels subis ! 

Et quel mépris de la part de l'institution au coeur la crise sanitaire. Alors que les AESH, de par leur travail, étaient sûrement les personnels les plus exposés, ils et elles ont été les dernier et dernières à recevoir masques comme tests... 

La FSU lance une alerte sociale

Face à ce constat accablant, un premier appel à se mobiliser a été lancé le 8 avril dernier, appel qui s'est avéré relativement suivi. Actant ce succès, une intersyndicale large (FSU, Cgt, Solidaires, FO, SNCL, SNALC) a appelé à une mobilisation le 3  juin prochain (lire l'appel).

Pour renforcer cet appel, la FSU a lancé une alerte sociale. Elle pointe notamment les questions de salaires, de statut et des PIAL. 

Mais elle y ajoute la question des primes, notamment en REP/REP+, les besoins en terme d'emplois qui sont en nombres insuffisant ou de dialogue social qui est inexistant.

Le 3 juin, les AESH sont appelé·es à faire entendre leurs voix.
L'ensemble des personnels de l'Education nationale doit contribuer au succès de cette journée.
Il en va du bien de l'école et des élèves.
Communiqué de la FSU Loi Molac concernant les langues régionales : une légitimité à renforcer au sein du Service public d’Éducation

La loi Molac relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion apporte de réelles avancées en termes de visibilité des langues régionales, remet en évidence le rôle éducatif de ces langues et leur place dans le patrimoine culturel national en les replaçant au sein de l’école publique.

En effet, l’enseignement des langues régionales est inscrit dans les horaires normaux des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et des lycées sur tout ou partie des territoires concernés, dans le but de proposer l’enseignement de la langue régionale à tous les élèves. La loi légitime ainsi l’accès aux langues régionales et leur place dans les programmes d’enseignement. Encore imparfaite, elle soulève des questions.

D’abord, l'approche immersive rendue dorénavant possible au sein de l’Éducation nationale, alors que c’était jusqu’à présent une particularité de l’enseignement associatif de statut privé (Calandreta, Bressòla, Diwan, Ikastola...), s'accompagne parallèlement du paiement obligatoire d’un forfait scolaire versé par les communes à l’école privée immersive la plus proche à défaut d’offrir ce type d’enseignement dans l’école publique de leur territoire. Cela n'est pas acceptable. Par ailleurs, pour la FSU, cette disposition ne doit pas conduire à rendre plus difficile la scolarisation dans un cadre non-immersif à l'école publique.

C’est une des limites d’une loi qui à défaut de moyens, en resterait à une déclaration d’intentions.
Celle de moyens spécifiques afin de ne pas mettre en concurrence filière bilingue et monolingue.
Celle d’une nécessaire augmentation des postes aux concours, des moyens pour l'enseignement de ces langues dans l'enseignement supérieur, pour la formation des enseignants et pour l’information des familles. Donner la priorité au Service public, c’est abonder le budget et des dotations, en créant des postes d’enseignants bilingues pour assurer l'initiation dans les écoles primaires publiques afin d’étendre l’enseignement des langues régionales dans les territoires, et en préservant l’enseignement optionnel dans le second degré mis à mal par les réformes successives.

Pour la FSU, une réelle politique de développement des langues régionales passe par la priorité donnée au Service public d’Éducation, la prise en compte et le respect de toutes les langues régionales afin de les rendre accessibles à tous les élèves et à toutes les familles.

Les Lilas, le 18 mai 2021

Des ajustements aux programmes de maternelle devraient être présentés lors du Conseil Supérieur de l'Education le 27 mai prochain. On pourrait dire qu'ils reviennent de loin si on se souvient de la note produite par le Conseil Supérieur de Programmes en décembre dernier. En effet, cette note remettait en cause les fondements de l'école maternelle en proposant des apprentissages souvent sous forme de "rabâchages" et du « bachotage » qui, en faisant glisser les apprentissages formels du cycle 2 vers le cycle 1. Cela aurait eu comme principale conséquence de renforcer les inégalités scolaires, tout en assignant les PE à une position d’exécutant et renvoyant la responsabilité de l’échec aux élèves et à leur famille. Une conception éloignée à la fois de la bienveillance attendue et d'une visée égalitaire et émancipatrice de l'école qui avait légitimement engendré consternation et protestation. 

Des évolutions positives

Pour contrecarrer le projet initial inacceptable, le SNUipp-FSU a pris l'initiative de réactiver le collectif "forum maternelle" avec la publication de la  tribune "Défendons l'école maternelle". Après la tenue du webinaire "Maternelle attaquée: quelle riposte ?" réunissant près de 1 500 enseignant.es, le SNUipp-FSU prolonge la réflexion avec un colloque le 1er juin "Maternelle: il faut voir grand pour les petits". En parallèle le syndicat, enfin consulté, est intervenu lors de groupes de travail œuvrant à une évolution des propositions. 

Les modifications entre la note de décembre donc et ce qui sera proposé lors du CSE sont des avancées et constituent un premier soulagement. Par exemple, la place du jeu a été renforcée, la progressivité en phonologie s'est assouplie, une reconnaissance de la richesse du multilinguistique prenant appui sur les cultures familiales et le cadre collectif dans lequel s'inscrivent les apprentissages est rappelé. Le texte fait aussi référence à l’éducabilité de tous les élèves, le respect du rythme de développement de chacun, le maintien de l’évaluation positive … des notions importantes de la philosophie des programmes de 2015.

D'autres points, tels que l’importance du contexte dans l’apprentissage du vocabulaire ou bien encore la suppression de la description normée des formes géométriques, ont également évolué depuis la première version du texte mais plusieurs éléments restent problématiques, entre autre le domaine "structuration de la pensée" et les apprentissages relatifs à la maîtrise du nombre.

Toutefois...

Malgré de nombreuses avancées permettant de maintenir l'identité de l'école maternelle, plusieurs éléments restent problématiques, entre autre dans le domaine "structuration de la pensée" ou celui de la maîtrise du nombre. La confusion entre langue et langage perdure, donnant une place surdimensionnée à la correction syntaxique d'une langue normalisée au détriment de l'expression orale et du langage comme constitutifs de la construction de la pensée. De même, la place donnée au comptage-numérotage fragilise la construction du nombre comme expression d'une quantité. Des "garde-fous" contre l'importation d'attendus et d'activités issus du cycle 2, présents dans les programmes de 2015, disparaissent et risquent d'induire les pratiques vers des objectifs normatifs et précoces. Des modifications concernant l'évaluation positive comme des ajouts en phonologie ou sur l'oral, font également peser sur l'école première une anticipation dans une forme répétitive des enseignements du CP. De plus, un balisage trop figé par niveau de classe perdure au détriment de la progressivité souple du cycle 1 .

Pour le SNUipp-FSU, ces révisions réorientent encore trop les missions de l'école maternelle; il proposera de nouveaux amendements lors du CSE afin de restaurer l'équilibre que constituaient les programmes de 2015 en défendant l'idée d'une école qui porte les ancrages d'une école ambitieuse pour toutes et tous. 

Le colloque du 1er juin « Maternelle : il faut voir grand pour les petits » permettra aux PE et aux chercheurs et chercheuses de poursuivre les débats et les réflexions afin de continuer à défendre les missions de l’école première.

Les nouveautés
  • le passage du CAFIPEMF se fera sur 1 an au lieu de 2
  •  5 semaines de formations avant la première épreuve seront mises en œuvre (dont 3 semaines  en observation et en pratique accompagnée auprès d’un CPC ou PEMF)
  • la visite de classe est rétablie (le SNUipp-FSU en avait déjà fait la demande en 2015)
  • le mémoire est abandonné
  • il ne sera possible de se spécialiser qu'au bout de trois ans
  • l’épreuve à partir d’une séance collective de formation est abandonnée
Des épreuves faisant la part-belle aux mathématiques et au français

Exit le CAFIPEMF actuel avec la possibilité de choisir une option parmi les champs suivants :

  • arts visuels
  • éducation physique et sportive
  • éducation musicale
  • enseignement en maternelle
  • langues et cultures régionales
  • langues vivantes étrangères
  • enseignement et numérique

Le nouveau CAFIPEMF comporte deux épreuves centrées sur le français et les mathématiques :

  • une première épreuve consistant en l’observation d’un temps d’enseignement de 60 minutes assuré par le candidat ou la candidate suivi d’un entretien avec le jury, dont a minima les deux tiers devant porter soit sur le français en école élémentaire ou sur les activités langagières en école maternelle, soit sur les mathématiques en école élémentaire ou sur la construction du nombre en école maternelle. Le tiers restant pouvant être consacré à une discipline autre que le français et les mathématiques, à condition que cela contribue explicitement à l’apprentissage des élèves en français ou en mathématiques...
  • une deuxième épreuve, dans le délai d’un mois après la première épreuve, où le candidat ou la candidate est en situation d’observation d’un PE stagiaire ou titulaire, ce qui fait l’objet ensuite d’une analyse immédiate en présence du jury, puis de la production d’un rapport de visite qui sert de base à un nouvel entretien avec le jury. Il est entendu que la séance observée doit être une séance de français ou de mathématiques.
    « Cette épreuve permet au jury de se prononcer sur la maîtrise des compétences professionnelles attendues d’un formateur au regard du référentiel des compétences du formateur et des critères définis par le ministre chargé de l’éducation nationale par voie de circulaire. Elle évalue la capacité du candidat à conseiller et à accompagner les professeurs des écoles, en particulier dans les domaines du français et des mathématiques. »
L’éloignement d’une posture réflexive alimentée par la recherche

Alors que le CAFIPEMF actuel est centré sur un travail de réflexion témoignant d’une recherche croisée sur sa pratique de classe et les travaux de la recherche et sur les déterminants du métier de formateur et formatrice, le mémoire est abandonné, laissant la place au risque d’une seule pédagogie du modèle...

Vers un glissement de fonction ?

Le ministère a énoncé lors des discussions avec le SNUipp-FSU sa la volonté d’uniformiser les épreuves autour de l’acte de formation individuel, au risque d'un brouillage des pistes entre formateur·ices et IEN.

Une spécialisation plus tardive

Les titulaires du nouveau CAFIPEMF pourront, après trois années d’exercice en qualité de professeur·e des écoles maître formateur·ice ou de conseiller·ère pédagogique généraliste, se présenter à l’épreuve complémentaire facultative de spécialisation.

La liste des spécialisations possibles de l’épreuve complémentaire facultative est étendue par rapport à la liste actuelle :

  • Arts visuels
  • Education physique et sportive
  • Education musicale
  • Enseignement en maternelle
  • Enseignement et numérique
  • Histoire-géographie-enseignement moral et civique
  • Langues et cultures régionales
  • Langues vivantes étrangères
  • Sciences et technologie

Cette épreuve facultative est fondée sur la rédaction par le candidat ou la candidate d’un rapport d’activité portant sur les années d’exercice du métier de formateur·ice, et l’observation d’une séance de formation collective.

On voit sur le CAFIPEMF la volonté du Ministre d'imposer un resserrement sur les apprentissages dits fondamentaux, une logique d’individualisation et l'organisation d’un éloignement des enseignant·es d’avec le monde de la recherche, dont on peut craindre qu'il les désarme un peu plus face "aux bonnes pratiques qui ont fait leur preuve" et aux divers guides ministériels...

Les évolutions obtenues par le SNUipp-FSU

Le syndicat a participé à plusieurs réunions de travail sur les textes permettant des évolutions significatives par rapport au projet initial :

  • alors que dans un premier temps, l’inscription au CAFIPEMF était soumise à la rédaction d’un bulletin de visite par l’IEN de circonscription inclue dans le dossier d’inscription, seule une attestation de visite est maintenant requise
  • la présence de titulaire du CAFIPEMF dans le jury validant la certification, abandonné dans la première mouture, a été réintroduite
  • l’usage du numérique dans les épreuves, dans un premier temps imposé sans discernement, a été borné par une écriture tenant compte du contexte d’exercice du candidat ou de la candidate, de la possibilité de son usage ainsi que de sa pertinence
  • quant aux dispositions dérogatoires pour les candidat-es à l’actuel CAFIPEMF reçu-es aux épreuves d’admissibilité ils et elles poursuivront l’année prochaine selon les modalités définies par le décret n°2015-885 du 20 juillet 2015.

Les Lilas le 10 mai 2021

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Les organisations syndicales signataires souhaitent attirer votre attention sur la situation de l’école, déjà structurellement sous dotée, après un an et demi de crise sanitaire. En conséquence, elles demandent un collectif budgétaire afin de corriger dès à présent le budget de l’Education nationale et de l’enseignement agricole public, insuffisant pour répondre aux besoins, et de préparer la discussion budgétaire de 2022 dans une perspective d’investissement massif dans l’éducation.

Les besoins créés par plus d’une année scolaire de fonctionnement du système éducatif perturbé par l’épidémie de Covid-19 sont énormes.

Nous demandons dans l'immédiat et en urgence les moyens d’assurer les remplacements et de faire face aux contraintes des protocoles sanitaires. Avec seulement quelques recrutements de personnels contractuels et d’AED, le ministère n’en a pas donné les moyens suffisants. Le remplacement continue à ne pas pouvoir être assuré correctement et on demande aux personnels en place d’en faire toujours davantage. Nous demandons a minima le réemploi des contractuel.le.s recruté.es dans le cadre de la crise sanitaire.

Par ailleurs, il est inacceptable que la rentrée 2021 se prépare toujours avec des moyens humains insuffisants particulièrement du fait de la suppression de 1800 emplois dans les collèges et lycées. Nous demandons des créations de postes d’enseignantes et d’enseignants, de Psy-EN, de personnels administratifs, techniques, santé et sociaux, vie scolaire dans les écoles, les établissements et les services pour la rentrée de septembre, pour annuler les fermetures de classes et de postes, pour répondre aux inégalités qui se creusent, pour améliorer les conditions d’études et l’accompagnement des élèves afin que les conséquences de la crise sanitaire ne reposent pas sur la jeunesse, et pour pouvoir anticiper une possible poursuite de la crise sanitaire.

Concernant les besoins de rénovation du bâti et d'équipement (travaux d’adaptation des locaux pour une meilleure aération, équipement en capteurs de CO2 ou en purificateurs d'air, etc.), le gouvernement doit agir en ce sens avec les collectivités territoriales et mobiliser le plan de relance.

L'école ne pourra fonctionner, à court et à long terme, sans moyens supplémentaires. Nos organisations syndicales considèrent qu’en l’état, le budget de l’Education nationale et de l’enseignement agricole public ne sont pas à la hauteur de l’ambition éducative qui devrait être celle de la nation.

Nous vous prions de croire, Mesdames les Députées, Messieurs les Députés, Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs, en l’expression de nos sentiments respectueux

Le taux d’incidence des élèves de 3 à 10 ans a baissé suite aux trois semaines de fermeture des écoles. Celui des 6-10 ans est ainsi passé de 365 à 210 et s’est stabilisé à 192 suite à la première semaine de retour à l’école. Celui des 3-5 ans a également baissé durant ces 3 semaines de 147 à 90 puis a légèrement augmenté à 97 suite à la première semaine de classe et la hausse du nombre de tests, notamment salivaires, réalisés par ces enfants.

Le nombre de fermetures de classes a très fortement augmenté au cours de cette semaine, passant de 1118 recensées la première semaine à 4992 pour celle-ci. Au vu de la circulation du virus toujours intense sur le territoire, la règle de fermeture dès le premier cas de Covid appliquée est nécessaire, malgré ces conséquences, car elle permet de prévenir la propagation de contamination dans les écoles. Cette règle de protection doit durer tant que durera l’épidémie pour permettre d’y venir à bout et non pas être remise en cause à la fin du mois comme le laisse entendre le ministre.

La prévention par le biais de campagne de tests massives et régulières doit également s’amplifier. Seulement 207 554 tests ont ainsi été réalisés lors de la semaine de rentrée. Un nombre en recul par rapport aux 245 000 réalisés avant la coupure. Pour amplifier cette nécessaire détection du virus, le ministère doit démultiplier le nombre de tests proposés et ouvrir les possibilités d’autotests à tous les élèves, et dès le primaire comme le permet l’autorisation de la Haute autorité de santé qui valide une préconisation du conseil scientifique.

Les données essentielles

▶ Le SNUipp-FSU livre son analyse de la situation sanitaire dans les écoles à partir des données communiquées par le ministère de l’Education nationale et les académies dans leurs points de situation hebdomadaires, sur leurs sites ou dans la presse. Ces données, non exhaustives, sont loin de refléter les données diffusées par Santé Publique France
notamment.
▶ Les données sont partielles et n’intègrent pas les informations des académies de Créteil, Nice, Orléans-Tours et des DROM.
▶ Des décalages subsistent entre les données recensées par le ministère et les données publiées par les académies, notamment sur le nombre de fermetures de classes et d’établissements.

Une hausse nationale du nombre de cas positifs élèves : 9536 cas contre 2067 le 30 avril, soit +361,3%

Une hausse nationale du nombre de cas positifs personnels : 768 cas contre 231 le 30 avril  soit +232,5%

Toujours des incohérences avec les chiffres de Santé Publique France (semaine 17) :
2067 cas positifs élèves (MEN)
9455 cas positifs élèves 0-9 ans (SPF)

Le ministère de l’Education nationale comptabilise 4,5 fois moins de cas positifs élèves que Santé Publique France.

Une campagne de dépistage peu efficiente :

207 554 tests réalisés pour 373 cas positifs. Taux de positivité de 0,18%

Une hausse nationale du nombre de fermetures de classes :
4992 fermetures contre 1118 le 30 avril, soit +346,5%

Après deux semaines de reprise de l’école, les premiers chiffres montrent que, si la situation sanitaire s’est améliorée, le virus est encore bien présent dans les écoles comme il l’est de façon générale dans la société.

Le taux d’incidence des élèves de 3 à 10 ans a baissé suite aux trois semaines de fermeture des écoles. Celui des 6-10 ans est ainsi passé de 365 à 210 et s’est stabilisé à 192 suite à la première semaine de retour à l’école. Celui des 3-5 ans a également baissé durant ces 3 semaines de 147 à 90 puis a légèrement augmenté à 97 suite à la première semaine de classe et la hausse du nombre de tests, notamment salivaires, réalisés par ces enfants.

Maintenir la règle un cas = une fermeture

Le nombre de fermetures de classes a très fortement augmenté au cours de cette semaine, passant de 1118 recensées la première semaine à 4992 pour celle-ci. Au vu de la circulation du virus toujours intense sur le territoire, la règle de fermeture dès le premier cas de Covid appliquée est nécessaire, malgré ces conséquences, car elle permet de prévenir la propagation de contamination dans les écoles. Cette règle de protection doit durer tant que durera l’épidémie pour permettre d’y venir à bout et non pas être remise en cause à la fin du mois comme le laisse entendre le ministre.

Ces deux premières semaines de reprise en présentiel auront également permis de démontrer, si c’était nécessaire, que les moyens de remplacement ne sont pas à la hauteur des besoins. De nombreuses classes ont dû ainsi fermer par manque de remplaçant-es. Les promesses de 5000 embauches sont loin d’être tenues, seulement 2200 contractuel-les ont pu être recruté-es depuis la rentrée de septembre.

La vaccination, maintenant ! 

Par ailleurs, d’autres mesures comme la vaccination prioritaire des personnels aurait pour effet de protéger les personnels eux-mêmes, et par extension les élèves et leurs familles, mais également de réduire les absences maladies liées au Covid. Il est plus qu’urgent que la priorité de vaccination des personnels tant de fois annoncée depuis janvier dernier devienne vraiment réalité pour toutes et tous !

La prévention par le biais de campagne de tests massives et régulières doit également s’amplifier. Seulement un peu plus de 200 000 tests ont ainsi été réalisés lors de la semaine de rentrée. Un nombre en recul par rapport aux 245 000 réalisés avant la coupure. Pour amplifier cette nécessaire détection du virus, le ministère doit ouvrir les possibilités d’autotests à tous les élèves, et dès le primaire comme le permet l’autorisation de la Haute autorité de santé qui valide une préconisation du conseil scientifique.

Une responsabilité ministérielle

De même, le ministère ne peut reporter sa responsabilité en matière de sécurité des écoles en renvoyant aux collectivités locales la mise en place de détecteurs de CO2 et de purificateurs d'air, si nécessaire, dans les classes. Un financement de l'État est nécessaire pour permettre à toutes les communes de pouvoir s’équiper.

Depuis le début de l’année, c’est une constante, le manque d’anticipation pour sécuriser nos écoles est criant, laissant ainsi la gestion de la crise aux équipes sur le terrain.

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