AESH : Compte rendu Audience Préfecture/Courrier Secrétaire Général

26-04-2021

COMPTE RENDU DE L'AUDIENCE AESH


Rassemblement du 8 avril à Tours

 

 

JOURNEE NATIONALE D'ACTION DES AESH !
 
La presse en parle, continuons à exiger une reconnaissance, un statut, un salaire :
Un vrai métier !
 
 
Pendant le rassemblement devant la Préfecture, les organisations syndicales étaient reçues en audience par l'Inspecteur d'Académie et le Directeur de Cabinet de la Préfète, voici le compte-rendu :


Compte rendu de l'audience à la Préfecture, en présence des organisations syndicales FSU, Sud Education, CGT, SNUDI FO.



Dans le contexte de l'appel national historique à la grève des personnels AESH ce jeudi 8 avril 2021, nous avons été reçus par le Directeur de Cabinet de la Préfète, ainsi que de l'Inspecteur d'Académie.
Nous avons rappelé les mots d'ordre de cette journée :
  •  revalorisation des salaires et la possibilité de contrats à temps complet pour permettre aux AESH de vivre dignement de leur travail :
  •  l’abandon des PIAL et de la politique de mutualisation des moyens
  •  créer un véritable statut de la Fonction Publique pour reconnaître le métier d’AESH
  •  recruter massivement des AESH pour permettre aux élèves ayant des notifications d’être accompagnés à hauteur des besoins
Nous avons clairement exprimé les raisons de ces exigences par des exemples. L'indigence de la grille indiciaire, son tassement régulier en raison de l'augmentation annuelle du SMIC et par conséquence la non reconnaissance de l'ancienneté et de l'expérience, l'absence de formation et l'antagonisme entre les PIAL et la mutualisation quantitative des moyens et la gestion qualitative des ressources humaines. Nous avons aussi souligné la précarité financière dans laquelle se trouvent de très nombreu-ses AESH (moins de 800€/mois), et le sentiment de n'être que des pions déplaçables à merci en fonction des besoins toujours plus grands d'accompagnement; sentiment lié directement à la gestion par PIAL.



L'IA a d'abord répondu que sur les aspects de la rémunération et de la grille indiciaire, du statut,  il s'agit de problématiques nationales qui doivent se traiter à ce niveau. Même s'il estime que la possibilité d'obtenir un CDI a donné des perspectives satisfaisantes aux AESH, nous rappelons qu'en réalité, c'est une stabilisation dans la précarité au niveau des salaires.
Au niveau départemental, l'IA nous assure qu'il souhaite que la gestion des AESH au sein des PIAL se fasse de la façon la plus humaine possible et la moins brutale. Notre département a gardé, malgré la création des 29 PIAL, une gestion encore centralisée par le SEI, ce qui doit permettre un pilotage plus humain. Il nous explique que les PIAL doivent être considérés comme des "collectifs d'AESH et d'enseignants, qui doivent permettre un accueil localisé des AESH". Mais malgré ces intentions, nous avons rappelé que les AESH n'ont pas du tout cette impression, et qu'ils-elles vivent assez mal des modifications d'affectation parfois soudaines, comme une sorte d'invisibilité du travail effectué.
Par ailleurs, le langage utilisé par l'IA, comme la "flexibilité, l'optimisation", illustre les logiques de gestion des ressources humaines qui ont présidé lors de la mise en place des PIAL. Logiques libérales, de rentabilité et d'objectifs chiffrés, les aspects humains étant relégués aux variables.
Nous avons aussi exprimé qu'aucune "case" qui permettrait aux AESH de se sentir reconnu-es : salaire, formation, information, stabilité, reconnaissance professionnelle... n'était cochée. Ainsi, malgré des avancées que nous avons reconnues sur le site internet dédié, beaucoup d'AESH regrettent d'être très mal informé-es sur leurs droits, leurs interlocuteurs, leurs responsables et supérieurs hiérarchiques. Mauvaise information dûe notamment sur la multiplicité des interlocuteurs et sur des pilotes de PIAL qui ne connaissent absolument pas les AESH qui travaillent en leur sein.
Nous avons rappelé le besoin criant de remplaçants dans les effectifs d'AESH dans le département. L'IA a répondu que là encore, il gère des effectifs limités et que les enveloppes de postes sont insuffisantes pour créer suffisamment de remplaçants. Ce manque de remplaçant est une cause importante d'un sentiment d'aliénation ressenti par les AESH. En effet, ces personnels ne s'autorisent pas de participer à des réunions syndicales, de s'absenter pour des RDV, car elles ne veulent pas laisser seul-es les enfants accompagnés mais également les enseignants, et quand elles demandent à participer ou même organiser des formations, et bien on leur refuse !
L'IA nous a interrogé sur les améliorations qui pourraient être envisagées dans le département. Si on enlève les aspects nationaux, la formation et l'accès au diplôme, l'information plus claire des droits et des interlocuteurs des AESH (l'IEN du Service de l'Ecole Inclusive par exemple), la création d'AESH remplaçants, la mise en place de formations qualifiantes à des moments autres que des mercredis après-midi (les AESH ayant des enfants sont alors bloqués), des informations sur la mobilité doivent être données. La demande par l'IA doit être faite au SAGAH d'une meilleure communication et d'un respect des textes régissant le droit de grève ou l'exercice du droit syndical.
Enfin, nous avons souligné l'importance de mettre en place des formations spécifiques pour certains AESH, sur des techniques de soins particulières, formations devant être proposées par l'employeur et non sous-traitées par des organismes de formation externes qui coûtent très cher selon l'IA.
Au niveau salarial, les AESH en CDD et rémunérés à l'indice 329 (indice plancher de 2020) doivent être basculés sur l'indice 332, de façon rétroactive depuis le 1er janvier.
 
 
 
Voici ci-dessous le courrier que nous venons d'adresser au Secrétaire Général.
 
 

Monsieur le Secrétaire Général,

 

Même si nous avons évoqué différents points avec M. l'Inspecteur d'Académie et avec des membres du Rectorat hier, nous vous sollicitons sur plusieurs points liés à la situation des AESH dans notre département.

 

-          - Des AESH, essentiellement en CDD, sont encore rémunérés à l’échelon 329. Or cet échelon n’existe plus dans les grilles de rémunération des AESH, supprimé en raison de l’augmentation du SMIC qui rend à chaque fois obsolète l’indice plancher. Des collègues ayant 5 ans de CDD sont donc maintenus à l’échelon 329. Cette situation doit être revue, le Rectorat nous a indiqué hier traiter ce sujet.

      - Nous n'avons pas évoqué hier la question des affectations des AESH. Or dans certaines académies, des procédures de mouvement des AESH sont explicites et claires. L’année dernière, une simple question avait été posée. Nous vous sollicitons pour que des possibilités de changement d’affectation soient clairement proposées aux AESH qui le souhaiteraient, tout comme les modalités.

        - Dans notre département, des collègues n’ont pas reçu de proposition pour basculer sur un contrat de 24h, alors qu’ils le désireraient. Pouvez-vous vous assurer que chaque collègue sur un contrat de 20h puisse se voir proposer un nouveau contrat ?

      - Enfin, des collègues AESH approchent de la retraite, or leur situation n’est pas claire. Nous vous sollicitons pour que les AESH soient destinataires d’une « notice » explicative sur leurs possibilités, notamment celle de partir en retraite durant l’année scolaire, une fois leurs droits à une retraite à taux plein acquis.

       - Dernier point, qui traite de l'avancement des AESH. Nous vous sollicitons pour que la voix du département porte auprès du Rectorat au sujet de l'avancement. La loi de 2019 laisse une petite latitude aux services académiques. Il est possible de procéder à un avancement automatique pour les AESH en CDI : sur les deux premiers échelons la durée peut être raccourcie, et l'avancement tous les trois ans pour les échelons suivants doit pouvoir se faire sans obligation d'entretien professionnel. D'autres académies le font, nous l'avons également évoqué hier en audience au Rectorat.

 

Dans l'attente de votre réponse, veuillez recevoir l'expression de notre attachement à un Service Public d'Education de qualité.

 

Simon Délas

Pour la FSU37


 


 

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