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Le site national du SNUipp-FSU (Syndicat National des Instituteurs, professeurs des écoles et pegc), premier syndicat dans les écoles, affilié à la Fédération syndicale unitaire (FSU).
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Le communiqué

Dans le cadre du préavis de grève national déposé par le SNUipp-FSU, quatre départements sont en grève aujourd'hui pour défendre le dispositif « Plus de maîtres que de classes » menacé par le nouveau ministère. Bien qu'il affirme que ce dispositif ne disparaîtra dans aucun département et qu'il peut coexister avec les CP à 12, ce sont plus de 200 postes de ce dispositif qui seraient supprimés en Seine-Saint-Denis, dans le Rhône, le Var et le Vaucluse.

Aujourd'hui vendredi 23 juin les enseignants de ces départements sont en grève, avec des manifestations et des rassemblements devant les IA-DSDEN. Dans le Tarn-et-Garonne et en Seine-et-Marne, ce sera le 26. Dès le 30 mai, la Haute-Garonne avait lancé une grève départementale, suivie le 15 juin d'un rassemblement devant le Rectorat parce que là aussi, 22 postes de PDMQDC seraient fermés. Le 29 juin, le SNUipp-FSU de Haute-Garonne appelle les enseignants à une nouvelle grève pour pérenniser et généraliser le dispositif « plus de maîtres que de classes ».

Les personnels, avec le SNUipp-FSU, protestent contre la mort programmée d'un dispositif prometteur, répondant aux demandes des enseignants qui exercent en zone d'éducation prioritaire, qui permet un travail plus collectif, la réalisation de projets, de mieux aider les élèves en difficulté, et présente déjà des effets notables sur les apprentissages. En plein déploiement - les « Plus de maîtres » ne sont encore que 3220 sur les 7000 annoncés - et avant même d'avoir pu être évalués, les « maîtres + » pourraient purement et simplement passer à la trappe.

Dans certaines académies, le dispositif est cependant maintenu. Dans ce cas, pour assurer le dédoublement des CP, les DASEN ont choisi de modifier les missions des maîtres supplémentaires qui n'interviennent plus que dans les CP. Ils ont de plus pioché dans les postes de remplacement, les dispositifs « scolarisation des moins de trois ans » ou les nécessaires ouvertures de classe à la rentrée.

Alléger les effectifs des CP en REP+, c'est nécessaire. Mais ça l'est tout autant dans les autres classes, en REP+, comme en REP ou hors éducation prioritaire. Pour prévenir les difficultés scolaires, il faut aussi former et recruter des personnels spécialisés afin que les RASED retrouvent les effectifs d'avant 2008, avant que les gouvernements Fillon ne suppriment 5000 postes. Pour cela il faut investir durablement dans le premier degré pour combler le retard avec la plupart des pays comparables au nôtre et qui réussissent beaucoup mieux en termes de réussite des élèves et de lutte contre les inégalités.

Les enseignants veulent en premier lieu pouvoir travailler sereinement, sans pilotage à vue au gré des alternances et sans remise en cause arbitraire du travail mené depuis plusieurs années.

Pour le SNUipp-FSU les décisions du ministère obèrent une rentrée sereine dans l'éducation prioritaire. Le SNUipp continuera de défendre le dispositif « Plus de maîtres que de classes ». C'est pourquoi il a lancé une grande collecte de témoignages pour donner la parole aux enseignants et la porter au ministre. Il décidera avec eux de nouvelles modalités de poursuite de l'action.

Paris, le 23 juin 2017

La mobilisation en région

dans le Rhône
en Gironde
en Savoie
en Seine-Saint-Denis
encore en Seine-Saint-Denis
dans le Var

Le communiqué

Le 21 juin, date symbolique en la matière, le ministre a adressé une note aux recteurs dans laquelle il invite les enseignants, dès le jour de la rentrée des classes, à « proposer aux élèves, qui étaient déjà présents l'année précédente, d'accueillir leurs nouveaux camarades en musique, manière chaleureuse de leur souhaiter la bienvenue ».

Si le SNUipp-FSU est bien entendu favorable à soigner tout particulièrement l'accueil réservé aux élèves lors de ce moment important et symbolique de la rentrée, s'il considère que l'enseignement de la musique et plus largement de la culture et des arts doit occuper une place essentielle dans les apprentissages, il perçoit le coup de trompette médiatique du ministre comme un couac qui signe une sérieuse méconnaissance du fonctionnement des écoles.

Une production artistique, avec l'intervention de parents d'élèves, d'associations, comme indiqué dans les directives ministérielles, ne s'improvise pas en quinze jours, surtout avec des groupes d'élèves qui changent avec la nouvelle année scolaire, tout comme d'ailleurs les enseignants affectés à l'école.

Bien conscientes de l'importance pour leur école de la journée de rentrée, les équipes n'ont pas attendu les consignes du ministre pour réfléchir à des organisations respectueuses du bien-être et de la sécurisation matérielle et affective de leurs élèves : accueil échelonné, individualisé, présentation en douceur de l'école et des personnels, décoration festive… La rentrée en musique ne peut être qu'une modalité parmi d'autres, étroitement dépendante des compétences et de la formation des enseignants. On ne s'improvise pas chef de chœur !

Après ses mesures précipitées sur les rythmes, sur les CP à 12, voilà une nouvelle annonce en fanfare, avant tout destinée à l'opinion publique et qui ressemble fort à une injonction venant d'en haut sans prendre en compte la réalité du terrain. Chanter à la rentrée, fort aise, mais avec des effectifs trop lourds, des RASED qui manquent et une formation au rabais, les enseignants vont-ils danser toute l'année ?

Paris, le 22 juin 2016

Des rassemblements devant les inspections académiques, des actions diverses, des grèves comme en Seine-Saint-Denis, en Haute-Garonne, dans le Var, le Vaucluse, le Tarn et Garonne ou dans le Rhône : les mobilisations s'enchaînent pour préserver le dispositif « Plus de maîtres de classe ». Car en cette fin d'année scolaire, tout s'accélère. A peine le ministre de l'Éducation nationale a-t-il annoncé son intention d'instaurer des CP à 12 dans les REP+ que nombre d'inspections académiques mettent la mesure en musique en piochant dans les postes de « plus de maîtres que de classes ». Des décisions qui d'un trait de plume, suppriment le travail engagé depuis deux ans par les équipes d'écoles des territoires de l'éducation prioritaire.

Recueillir la parole des enseignants

Le SNUipp-FSU, dans un courrier commun avec le SE-Unsa et le Sgen-CFDT, s'est adressé au ministre de l'Éducation nationale le 31 mai dernier pour lui dire son opposition au détricotage d'un dispositif prometteur dans la réussite de tous les élèves.
Aujourd'hui, le syndicat veut lui faire entendre la parole des équipes d'écoles. Il lance un appel à témoignage auprès des enseignants « Plus de maîtres » et de leurs collègues des écoles qui en bénéficient, pour qu'ils mettent en lumière leurs expériences et tout ce que le dispositif leur a permis de réaliser.

Début juillet, le SNUipp-FSU portera cette voix auprès du ministre.

Témoigner en ligne

Le communiqué

Alors que le ministère de l'Éducation nationale présentait le 8 juin son projet de décret sur les rythmes scolaires, le SNUipp-FSU a lancé dès le 2 juin une consultation nationale et recueilli en quelques jours plus de 28 000 réponses. Dans un contexte de conditions de travail difficiles, les enseignants des écoles rappellent leurs exigences.

S'ils veulent majoritairement avoir la possibilité de pouvoir travailler sur 4 jours, ils savent aussi que l'essentiel est ailleurs. Ils demandent en tout premier lieu une baisse des effectifs par classe, particulièrement élevés en France. Ils revendiquent la reconnaissance de tous leurs temps de travail ainsi que le développement des RASED. Ils réclament enfin la généralisation du « Plus de maîtres que de classe », d'être aidés pour réussir l'inclusion de tous leurs élèves, d'avoir du temps pour le travail en équipe et de bénéficier d'une formation de qualité.

Le SNUipp-FSU publie les résultats complets de cette consultation. Comme au Conseil supérieur de l'éducation du 8 juin dernier, le SNUipp-FSU votera pour ce projet de décret lors du Comité technique ministériel qui se tient aujourd'hui. Un vote qui prend acte de la volonté majoritaire de la profession de pouvoir bénéficier d'organisations de la semaine sur 4 jours ou 4 jours et demi, mais qui ne constitue nullement un blanc-seing à la politique éducative du gouvernement.

Paris, le 21 juin 2017

Lire aussi :
rythmes scolaires : le projet de décret au CSE du 8 juin

Le SNUipp-FSU, avec le SNES-FSU, est tout d'abord intervenu sur les difficultés liées au taux de change, notamment dans les pays d'Amérique latine, dont la zone sud, mais aussi au Proche Orient. Comme d'habitude, 5 pays ont été retenus sur la base de critères les plus objectifs possibles pour limiter voire annuler la baisse prévue de l'ISVL, ou aller au-delà des augmentations prévues. Mais seulement 5 : Turquie, Portugal, Chili, Finlande et Seychelles. Le SNUipp portait également les demandes du Laos, d'Israel et de Jérusalem...

CR GT ISVL au 1er juillet

Dernier CA présidé par Mme Descôtes (qui prend ses nouvelles fonctions à l'Ambassade d'Allemagne) mais premier CA dans les nouveaux locaux au rez-de-jardin de l'Agence, inaugurés à cette occasion. Le budget présenté montre l'insuffisance d'autofinancement pour couvrir les dépenses d'investissement ce qui oblige à un prélèvement sur le fond de roulement. La FSU a voté contre ce budget et certains élus de l'étranger ont été amenés à s'abstenir. Les plans de financements de projets immobiliers pour Alger, Lisbonne et Londres ont eux été entérinés. Déconventionnement de Calgary en marche et inquiétudes sur Washington... Le SNUipp FSU continue de demander à l'AEFE, mais aussi aux élus, que soit trouvée une solution satisfaisante et pérenne pour tous les collègues quant à l'avenir de leur détachement.

CR CA 1er juin 2017

Alors que la température monte dans les écoles, les recommandations du ministère viennent de tomber. « Ne pas surexposer les élèves au soleil, leur donner à boire de l'eau à température ambiante tout en veillant à sa qualité (sic), garder les enfants dans une ambiance fraiche… » Autant de consignes marquées au sceau d'un incontestable bon sens mais qui apportent un réconfort très limité aux élèves et à leurs enseignants. Dans des bâtiments scolaires qui souvent n'ont pas pris en compte la possibilité d'épisodes de forte chaleur avec des températures qui peuvent atteindre plus de 30° dans les classes ou les salles de sieste des écoles maternelles, les suggestions de la rue de Grenelle risquent fort de ne pas suffire à faire baisser la température.

Réfléchir les infrastructures

À quand la conception de bâtiments collectifs bénéficiant de systèmes de ventilation ou de climatisation comme il en existe pourtant dans bien d'autres administrations publiques ou infrastructures privées.
Et au moment où le ministère parle à nouveau d'une refonte du calendrier scolaire avec des périodes de travail sur le mois d'août il lui faudra réfléchir à des recommandations plus conséquentes…

Lire :
les recommandations ministérielles

Le communiqué

Selon le ministère, « bâtir l'école de la confiance » passe par l'objectif global de 100 % de réussite au CP, par le dédoublement des classes et la possibilité de revenir à une semaine scolaire sur quatre jours.

Le ministère entend concentrer ses efforts sur la création de CP à douze élèves en REP+. Mais à moyens constants, ces classes seront créées au détriment du « Plus de maîtres que de classes ». Malgré ses dires, c'est donc bien l'arrêt annoncé d'un dispositif prometteur avant même que n'aient été évalués ses effets sur les élèves. Dans les départements, les DASEN annoncent clairement la fermeture de postes de « Plus de maîtres » pour permettre le dédoublement. Le SNUipp-FSU, comme l'ensemble de la communauté éducative, conteste cette décision.

Par ailleurs, afficher vouloir garantir aux élèves 100 % de réussite au CP, c'est laisser entendre que les enseignants n'auraient pas, d'évidence, cette ambition chevillée au corps. Limiter les exigences de l'école aux acquisitions des savoirs fondamentaux « lire, écrire, compter, respecter autrui », c'est tirer un trait sur toutes les autres compétences et connaissances que les élèves, et particulièrement ceux issus des milieux populaires, doivent acquérir pour devenir des citoyens éclairés.

De même, la possibilité du retour aux quatre jours par semaine n'est pas gage de réussite des élèves. Ce projet de décret répond seulement à une demande de souplesse concernant l'organisation de la semaine dont avaient été privés les conseils d'écoles en 2013.

Pour le SNUipp-FSU, répondre aux exigences et aux préoccupations des familles nécessite un investissement éducatif à la hauteur des pays d'un niveau économique équivalent qui ont de biens meilleurs résultats en matière de réussite scolaire. Notre école a plus que jamais besoin d'effectifs réduits, de bonnes conditions pour réussir l'inclusion, de RASED en nombre suffisant, d'une formation continue conséquente, de la reconnaissance du temps de travail des enseignants ainsi que d'un service public d'activités péri-éducatives de qualité et accessible à tous. Cela suppose aussi de faire confiance aux équipes pédagogiques. On ne peut prôner l'initiative des équipes et installer dans le même temps des méthodes de pilotage injonctives.

Le ministère, tout en affirmant que l'éducation est la priorité du gouvernement, va prendre aux uns pour donner aux autres, défaire ce qui marche et n'apporter aucune réponse à une école primaire toujours sous investie. Pour le SNUipp-FSU, notre école publique exige une toute autre ambition.

Paris, le 15 juin 2017

Formation : L'université d'été Belc 2017, les métiers du français dans le monde

C'est une initiative qui a déclenché une vague de protestations dans le monde éducatif. Dans un courrier daté du 12 mai dernier, Mathieu Jeandron, délégué au numérique du ministère de l'Éducation nationale, autorisait l'utilisation dans les établissements scolaires des offres de service des grands fournisseurs du web, les fameux « GAFAM » (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft.) Alors que jusqu'ici les espaces numériques de travail utilisés par enseignants et élèves répondaient à un cahier des charges très strict en matière de sécurisation et de confidentialité des données, le risque est réel de voir désormais ces dernières livrées sans contrôle aux géants d'internet pour une utilisation commerciale.

Des données convoitées

La FCPE et plusieurs organisations syndicales s'en sont alarmées, suivies par la CNIL qui le 24 mai, dans un communiqué, jugeait « plus que jamais nécessaire de fixer un cadre de régulation adapté qui protège de façon effective les données personnelles des élèves et des enseignants. » Le Conseil national du numérique a lui aussi réagi : « Ce sont des données qui ont de la valeur, qui permettent de la recherche et développement en matière d'apprentissage adaptatif, par exemple, et qui sont parties vers des acteurs privés ».
Or, la charte de confiance sensée encadrer les conditions générales d'utilisation (CGU) des services et des logiciels éducatifs mis à disposition des établissements n'est toujours pas finalisée. Pour la CNIL, cette charte devra en tout état de cause constituer « un encadrement juridique contraignant » prévoyant notamment que les données scolaires soient hébergées en France ou en Europe. En attendant, elle appelle les responsables éducatifs, les enseignants et les collectivités locales à la plus grande vigilance. Ceci afin d'éviter la captation des données personnelles à des fins commerciales par les crocodiles de la toile.

Lire aussi :
Le vœu du Conseil supérieur de l'éducation

« Laisser aux communes, en lien étroit avec les écoles de leur territoire, le soin d'organiser le temps périscolaire sans contrainte » : L'engagement du candidat Macron a pris une nouvelle coloration depuis son élection à la présidence le 7 mai dernier. Trois mois avant la rentrée, l'ensemble des acteurs et des partenaires de l'éducation sont à nouveau sur des charbons ardents sur un dossier sensible qui avait déjà suscité nombre de débats et de polémiques au début du quinquennat précédent. Pour le nouveau gouvernement, l'objectif de désengagement de l'État est sous-jacent. Mais quelques lignes dans un programme électoral ne suffisent pas à régler les implications concrètes d'une nouvelle modification des rythmes scolaires. Celle-ci détermine en effet l'emploi du temps de millions de citoyens, parents d'élèves, professionnels qu'ils soient enseignants ou employés territoriaux. Sans parler des conséquences sur l'organisation des enseignements, sur les nombreux secteurs économiques qui gravitent autour de l'école et sur les arbitrages budgétaires délicats opérés par les communes.

Les enseignants touchés dans leurs conditions de travail

Avec les élèves, ils ont été les premiers touchés par une réforme mise en place dans la précipitation et l'impréparation qui a affecté directement des conditions de travail déjà dégradées. Les enseignants des écoles sont nombreux à se saisir de l'occasion offerte, pour se prononcer pour un retour de la semaine de quatre jours. Cette forte demande transparaît nettement dans les premières enquêtes réalisées auprès des professeurs d'école par certaines sections départementales du SNUipp-FSU. Ainsi dans les Bouches-du-Rhône, parmi les 10 % des personnels qui ont répondu, ils sont près de 90 % à souhaiter le retour à quatre jours. Même résultat quasi unanime à Givors dans le Rhône où les enseignants consultés par la municipalité relèvent l'impact trop important du périscolaire sur l'organisation des temps d'apprentissage. À Rodez dans l'Aveyron, ce sont les directrices et directeurs de la ville qui ont rapidement pris l'initiative de contacter le maire pour lui demander l'abandon de la semaine de quatre jours et demi.

Des élus et des parents divisés

Du côté des élus, si certains maires, comme celui de Marseille ont indiqué tout de suite leur volonté de revenir à quatre jours dès que possible, les positions sont plus nuancées selon que l'on se situe en ville ou à la campagne… et selon les possibilités financières de la commune. Pas facile dans une grosse ville comme Lyon de chambouler une organisation qui mobilise 1600 animateurs et 36 000 écoliers en l'espace d'un été, ce qui conduit la municipalité à reconduire le rythme des quatre jours et demi (avec un vendredi libéré) en septembre. Même dans les petites communes la circonspection est de mise si l'on écoute Vanick Berbérian, président de l'Association des maires ruraux de France qui indique : « Même si elles ont connu des difficultés, la majorité des communes qui s'y sont mises ont finalement trouvé un certain intérêt aux activités périscolaires, sous réserve qu'elles aient les moyens matériels et humains pour les mener. »


Car l'argent reste le nerf de la guerre et nombre de décisions communales sont soumises à la décision de reconduire ou non le fonds de soutien qui est prévu pour fonctionner jusqu'en 2018. « Sur le principe, les maires ne sont pas contre le fait qu'on puisse leur laisser carte blanche… à condition que la proposition ne masque pas un désengagement de l'État », note Agnès Le Brun, la vice-présidente (LR) de l'Association des maires de France. Au-delà du coût financier, c'est aussi le coût politique auprès des familles qu'évoquent les élus. Car certains parents, comme certains élèves, sont plutôt satisfaits des activités périscolaires proposées par leur commune. À Paris par exemple, où l'on a longtemps contesté la réforme, ils sont aujourd'hui 90% des écoliers à fréquenter les temps périscolaires deux fois par semaine. Sur le sujet, les associations officielles font entendre une voix discordante. Liliana Moyano, présidente de la FCPE insiste sur « les trois heures de cours en plus en matinée, au moment où l'attention est la meilleure et sur l'offre à tous les élèves d'un éveil artistique, culturel ou sportif », alors que Valérie Marty de la PEEP plaide pour une réflexion dans chaque territoire : « On pourrait aller jusqu'à concevoir des organisations différentes en maternelle et en élémentaire ou réaménager certaines vacances scolaires ».

La question des inégalités territoriales

Même si on oublie souvent de leur demander leur avis, les milliers de personnes recrutées comme animateurs territoriaux sont elles aussi dans l'expectative. Didier Bourgoin, secrétaire national du SNUTER-FSU relève que « ces personnels sont précaires à 85% et beaucoup fonctionnent sur des emplois du temps incomplets avec des temps partiels imposés. Dans toutes les communes, les budgets de fonctionnement et d'investissement sont en baisse. Si le fonds de soutien s'arrête, on va assister à un véritable plan social qui va concerner des personnes déjà fragilisées. L'autonomie des collectivités, c'est possible mais dans le cadre des lois républicaines et sans développer les inégalités territoriales. »
C'est bien cette question des inégalités qui a plombé une réforme des rythmes mal financée et qui ne pourra en rien se résoudre par une responsabilité accrue donnée aux communes. Le SNUipp-FSU milite pour une remise à plat complète de la réforme, avec un cadrage national pour plus d'égalité et une réflexion de fond qui associe les enseignants qu'il a souhaité consulter par l'intermédiaire d'une enquête nationale. Pour l'instant cette fin d'année scolaire est plutôt marquée par la cacophonie et la précipitation. Sans doute conscient des difficultés de ce dossier, Jean-Michel Blanquer a déjà annoncé que les communes pourront mettre en œuvre leur choix « pour la rentrée 2018 » et que des expérimentations seront possibles « dès 2017-2018, avec des maires volontaires. »
Un décret en préparation devrait en fixer le cadre dès la rentrée. À suivre donc…

Le voeu :

Le 12 mai dernier, la direction du numérique éducatif (DNE) écrivait ceci aux délégués académiques au numérique (DAN) : "Je tiens à vous confirmer qu'il n'y a pas de réserve générale sur l'usage des outils liés aux environnements professionnels chez les grands fournisseurs de service du Web (GAFAM et autres) dans la mesure où ils rentrent bien dans les services couverts par les conditions générales d'utilisation CGU "éducation".

La CNIL dans un avis du 23 mai mettait le Ministère en garde : « Compte tenu de la sensibilité des données en jeu, cette charte* devrait se traduire par un encadrement juridique contraignant tant en ce qui concerne la non utilisation des données scolaires à des fins commerciales, l'hébergement de ces données en France ou en Europe ou encore l'obligation de prendre des mesures de sécurité conformes aux normes en vigueur. Une attention particulière devrait en outre être portée aux droits des personnes. »

Le CSE partage les craintes exprimées par la CNIL et souhaite que ses préconisations soient respectées.

45 POUR dont SNES-FSU, SNUIPP-FSU, SNEP-FSU, CGT Educ'action, SUD-Education, SGEN-CFDT, FCPE, ligue de l'enseignement ; 15 CONTRE dont SE-UNSA, UNSA - Education, SNPDEN-UNSA ; SNIA-IPR, SIEN-UNSA, AI-UNSA, MEDEF ; 13 ABST dont FO ; 0 RV

* Charte de confiance à destination notamment des GAFAM, élaborée par la DNE

Qu'apporte le Plus de maîtres dans les écoles en éducation prioritaire ?

Dès 1982, puis en 1990, il y avait déjà eu des postes supplémentaires en ZEP pour abaisser les effectifs des classes ou mener une « petite politique de cycle » avec des décloisonnements. En 2006 ce furent des référents dans les réseaux pour permettre de la co-intervention. La demande a été reprise à la concertation nationale de l'été 2012, pour continuer cette refondation pédagogique qui permet une approche plus précise de la prévention et un traitement des difficultés, des remédiations didactiques et pédagogiques dans le cadre collectif du métier, au sein des cycles et avec des interventions dans les classes. Le « Plus de maîtres » est récent, une évaluation du dispositif n'est pas encore possible. Mais le retour de l'ensemble de la profession sur le terrain est favorable. C'est une nouvelle culture : on prépare, on intervient et on fait le retour ensemble.

Que permettraient des effectifs allégés en CP ?

Le gouvernement veut accorder des moyens supplémentaires à l'éducation prioritaire et au cycle des apprentissages fondamentaux et c'est une très bonne chose car c'est là que tout se joue. Mais il ne faudra pas oublier la maternelle. Diminuer les effectifs, est-ce suffisant ? Non, c'est une première étape. Il faut aussi une transformation des pratiques dans le sens de plus de collectif. 12 élèves, c'est trop faible selon moi. Autour de 15 élèves, ce serait bien pour créer une dynamique de classe suffisante pour échanger, constituer des groupes... Il ne faut plus raisonner en formes scolaires traditionnelles de classe mais raisonner en cycles. Une politique de cycle qui s'ajuste à ce que font les élèves dans l'école. La classe correspond à des financements mais pas à une pratique pédagogique.

Comment conjuguer les deux mesures ?

Le président de la République a parlé de l'éducation prioritaire mais aussi de l'autonomie des écoles et des établissements. Il faut tenir compte de l'expertise des enseignants dans leur école. L'idée serait d'attribuer des postes à l'école, un ou deux moyens supplémentaires pour le cycle 2. Ce sont les collègues, les conseils de cycle et les conseils des maîtres qui décident de les utiliser comme Plus de maîtres ou pour faire un CP à 12 ou les deux suivant les moments de la semaine. Tout cela ne doit pas se décider Rue de Grenelle et il faut respecter l'autonomie pédagogique.

Lire aussi :
Plus de maîtres : les syndicats s'adressent au ministre
Pour la pérennisation du dispositif « Plus de maîtres que de classes » : signer la pétition

Toujours nombreux sur les routes de l'exil, parfois isolés et « exposés à des risques élevés de violence, de traite ou d'exploitation le long des routes migratoires », les enfants migrants sont d'abord des enfants à protéger, rappelle la Commission européenne qui a publié en avril toute une liste d'actions à mettre en œuvre dans ce sens. Elle prône à toutes les étapes de leur parcours et dès leur entrée sur le sol européen une prise en charge par du personnel formé. La présence d'une « personne chargée de la protection de l'enfance à un stade précoce de la phase d'enregistrement dans toutes les installations d'accueil » et des agents chargés de cette protection « nommés dans chaque centre d'enregistrement ». Ce suivi permettrait d'évaluer rapidement leurs besoins que ce soit en termes de santé, de soutien psychologique ou d'accès aux droits dont celui essentiel à un « enseignement sans retard quel que soit leur statut ».

Attention particulière aux mineurs isolés

Selon l'Unicef, 800 000 enfants ont demandé l'asile en Europe en 2015 et 2016, 170 000 d'entre eux étaient non accompagnés. Afin de lutter contre les disparitions et les séparations de leur famille, la Commission enjoint également les États membres à « instaurer les procédures nécessaires pour signaler les enfants disparus et échanger les informations entre eux ». Et quand ces mineurs sont isolés, ils devraient pouvoir trouver une place rapidement dans une famille d'accueil plutôt que dans des centres anonymes voire des camps sauvages.

« Éteins cet ordinateur, file dans ta chambre et fais tes devoirs ! » Dur métier que celui de parent… Ils seraient presque un sur deux (46 %) à juger difficile d'élever son enfant d'après une récente enquête d'opinion réalisée par l'institut BVA*. Une difficulté plus particulièrement ressentie dans les foyers à faibles revenus et dans les familles monoparentales ou recomposées (respectivement 60, 55 et 53 %). Parmi les sujets de conflits, le temps passé face aux écrans de toutes sortes arrive en tête, pointé par 45 % des parents, un chiffre qui grimpe à 61 % quand arrive l'adolescence. Viennent ensuite le manque de participation aux tâches ménagères qui en horripile 38 % et les devoirs scolaires dans un tiers des familles. L'alimentation (30 %), le comportement avec autrui (28 %), le langage (23 %) et les sorties (14 %) viennent compléter l'inventaire des récriminations. De plus, un parent sur deux dit avoir du mal à comprendre les réactions de son enfant et ils sont quatre sur dix à ne pas savoir comment l'aider pour résoudre des problèmes le concernant ou le protéger autant qu'ils le souhaiteraient.

Besoin d'aide

Résultat, un sentiment de solitude et un besoin de soutien, même si en cas de difficultés les deux tiers des parents se tournent d'abord vers leur propre famille ou les amis pour leur venir en aide. Ils sont néanmoins près d'un sur deux (47 %) à regretter le manque de dispositifs, de lieux d'accueil et d'écoute pour les accompagner dans leurs missions d'éducation. Ils mettent notamment en avant la rencontre avec les enseignants au sujet de la scolarité et de l'orientation (à 81 %) et des conférences ou des ateliers d'apprentissage à la parentalité avec des professionnels de l'éducation pour 60 % d'entre eux.

*Enquête réalisée en ligne les 23 et 24 mars auprès d'un échantillon représentatif de 1 217 parents ayant au moins un enfant vivant dans leur foyer.

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