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Le 20 novembre est le jour anniversaire de l'adoption par l'Assemblée de la Déclaration des droits de l'enfant en 1959 et de la Convention internationale des droits de l'enfant de 1989. Autant de principes, non-discrimination, intérêt supérieur de l'enfant, respect des opinions de l'enfant… que de droits à la Santé, l'éducation, la protection…, sont établis.

Mais aujourd'hui encore, trop souvent est bafoué le principe, que nous pourrions croire acquis dans nos sociétés démocratiques, d'un respect absolu des droits de l'enfant.

En France, des enfants, parfois en danger, attendent des mesures de protection judiciaire qui ne peuvent être mises en œuvre faute de moyens nécessaires dans les services concernés.

Des adolescents sont enfermés dans des centres ou incarcérés sans que soient développée une politique qui ferait le choix délibéré de l'éducation.

Des enfants voient leur accès à l'école empêché sous des prétextes administratifs qui ne devraient en rien pouvoir entraver leur droit à l'éducation.

Des enfants sont placés en centre de rétention alors que cet enfermement constitue un grave traumatisme tant par ses conditions mêmes que lorsqu'il conduit à des séparations familiales.

Faute d'accord sur leur prise en charge, des mineurs non accompagnés ne bénéficient pas des nécessités les plus fondamentales de la vie quotidienne : nourriture, hébergement, soins, protection, éducation, …

Des enfants dont les besoins particuliers nécessiteraient des prises en charge spécifiques ne bénéficient pas de lieux d'accueil et de prises en charge éducatives ou thérapeutiques.

Des enfants vivent en dessous du seuil de pauvreté dans des territoires où les structures qui permettraient leur accès aux soins, aux loisirs, à la culture font de plus en plus défaut.

La liste est trop longue et dans un contexte d'appauvrissement d'une partie de la population, de fragilisation économique et sociale, d'inégalités sociales avérées, une politique de réduction de l'action publique ne pourra que renforcer la dégradation de cette situation.

Le 20 novembre est l'occasion de rappeler que tous les enfants ont les mêmes droits.

Aujourd'hui, la FSU interpelle le gouvernement pour que les politiques publiques répondant à ces questions soient mises en œuvre. Elle exige une politique déterminée capable de défendre au quotidien les droits de tous les enfants et adolescents.

Les Lilas le 20 novembre 2018

Une centaine de syndicalistes se mobilisent afin que les victimes de violences sexuelles et sexistes soient protégées dans leur emploi et leur carrière.

Au travail, dans le secteur privé ou dans la fonction publique, les femmes ne sont pas épargnées par le sexisme et les violences sexuelles. 80 % d'entre elles déclarent y avoir déjà subi des propos sexistes (enquête du CSEP, 2015), 32 % du harcèlement sexuel ou une agression sexuelle (IFOP, 2018). Plusieurs milliers de femmes sont violées chaque année sur leur lieu de travail (CVS, 2017).

Qu'elles soient le fait d'employeurs, de supérieurs hiérarchiques, de collègues ou d'usagers, ces violences ont des conséquences sur l'état de santé des victimes, elles impactent leur entourage, elles ont des répercussions sur leurs conditions de travail et le déroulement de leur carrière.

Cette réalité, inadmissible, n'est pas une fatalité : des solutions existent qui nécessitent une réelle volonté politique et des moyens au-delà des déclarations d'intention.

Les violences contre les femmes au travail font encore grandement partie de nos angles morts. Ce qui se passe dans les entreprises ou les administrations ne relève pas seulement d'un rapport individuel entre des collègues ou entre l'encadrement et les salarié(e)s.

Devoir de protection des victimes
L'employeur du secteur privé ou de la fonction publique a une obligation inscrite dans la loi de prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ». Les victimes qui dénoncent les violences subies doivent être protégées dans leur carrière et leur emploi. Elles doivent pouvoir bénéficier d'aménagements d'horaires et de poste, de congés, de mobilité fonctionnelle ou géographique à leur demande, et de soins. Il doit être mis en place des sanctions envers les employeurs qui licencient des victimes ou les témoins de harcèlement, de violences et de discriminations. Nous avons besoin que les instances représentatives du personnel disposent des moyens suffisants pour exercer leurs missions et prérogatives contre les violences sexistes et sexuelles.
Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le long et douloureux parcours des salariées victimes de harcèlement sexuel

Dans la fonction publique, les ministères, les collectivités, les établissements de santé sont loin d'être exemplaires en matière de prévention des violences, de protection des victimes et de sanction des agresseurs. Nous exigeons la déclinaison et la mise en œuvre effective au plus près des lieux de travail de mesures contraignantes pour la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles

C'est pourquoi, nous, syndicalistes, nous marcherons avec #noustoutes, partout en France, le 24 novembre.

Exemplarité dans la fonction publique
Nous sommes engagé(e)s pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles sur nos lieux de travail et dans nos organisations. Parce que des collègues nous alertent sur certains comportements délictueux. Parce que des femmes victimes viennent nous solliciter pour trouver des solutions. Parce qu'elles se retrouvent face à des employeurs ou des directions qui refusent bien souvent de traiter les violences, de prendre des mesures de préventions, de mener une enquête, de sanctionner l'agresseur et d'accompagner les équipes, préférant changer la victime de poste, pour surtout, « ne pas faire de vagues ».

Le 24 novembre, nous marcherons, partout en France, pour dire stop aux violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes au travail. Nous marcherons pour exiger des règles strictes dans les entreprises, afin de protéger les femmes de ces violences, et la mise en place de moyens de prévention et de contrôle. Nous marcherons pour exiger la création d'une obligation de négocier sur les violences sexistes et sexuelles sur tous les lieux de travail. Nous marcherons pour exiger de l'Etat employeur une exemplarité dans la fonction publique. Nous marcherons pour qu'en 2019, l'Organisation Internationale du travail (OIT) adopte une nouvelle convention contre les violences et le harcèlement au travail.

Nous marcherons parce que aucune femme ne doit être victime de violences sexistes et sexuelles. Ni au travail ni ailleurs.

Parce que nous ne voulons plus de ces violences.

RDV à Paris, à 14h, place de la Madeleine et partout en France

Carte des manifestations

Les signataires :
Nathalie Andrieux Hennequin, co-secrétaire générale SNUASFP-FSU
Verveine Angeli, secrétaire nationale de l'Union syndicale Solidaires
Consuelo Argiles, Sud éducation
Karine Autissier, UNSA Education
Marie-Christine Bastien, secrétaire générale EPA-FSU
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT
Luc Bérille, secrétaire général UNSA
Eric Beynel, co-délégué de l'Union syndicale Solidaires
Emmanuelle Bigot, Sud Rail
Sophie Binet, pilote du collectif Femmes mixité CGT
Isabelle Bosseman, CGT CHU de Lille
Didier Bourgoin, secrétaire général SNUTER-FSU
Dominique Bousquenaud, secrétaire général de la Fédération Chimie Energie CFDT
Rachel Brishoual, secrétaire générale fédération UNSA
Marie Line Brugidou, CFE CGC Confédérale
Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots
Marie Buisson, secrétaire générale FERC CGT
Jocelyne Cabanal, secrétaire nationale CFDT
Thierry Cadart, secrétaire national CFDT
Carole Cano, CFE-CGC Snapa Fédération Assurance
Jean-Marc Canon, secrétaire général de l'Union Fédérale des Syndicats de l'Etat CGT
Dominique Caruana, Sud Protection sociale
Emma Cathelinaud, Solidaires finances publiques
Nara Cladera, Solidaires Comminges
Delphine Colin, Union Fédérale des Syndicats de l'Etat CGT
Marianne Collard, Sud Collectivités territoriales
Evelyne Collin, secrétaire générale adjointe SNPI-FSU
Dominique Corona, secrétaire national UNSA
Pascale Coton, CFTC
Noura Damerval, Sud PTT
Saïd Darwane, UNSA
Cybèle David, Sud éducation
Christelle Dechâtre Bonnard, Sud Solidaires BPCE
Luce Desseaux, Secrétaire nationale SNUIPP-FSU
Stéphane Destugues, Secrétaire général de la fédération
CFDT Mines et Métallurgie
Gaëlle Differ, Solidaires 93-UL Saint Denis
Florence Dodin, secrétaire générale adjointe de l'UNSA
Peggy Durlin, Sud Cam
Laurent Escure, SN UNSA
Luc Farre, secrétaire national fonction publique UNSA
Louise Fasso Monaldi, CGT Ministère du travail
Julie Ferrua, Sud Santé-sociaux
Sylvie Filipe Da Silva, co-secrétaire général de la CGT Agri, ministère de l'agriculture et ses établissements
Benoît Garcia, membre du CESE, CGT Finances
Igor Garncarzyk, secrétaire général SNUPDEN-FSU
Sigrid Gerardin, co-secrétaire générale SNUEP-FSU
Alain Gergaud, secrétaire national UNSA
Cécile Gondard-Lalanne, co-déléguée de l'Union syndicale Solidaires
Denis Grégoire, CFDT secrétaire général de la fédération des Finances
Bernadette Groison, secrétaire générale FSU
Saphia Guereschi, secrétaire générale SNICS-FSU
Murielle Guilbert, secrétaire nationale de l'Union syndicale Solidaires
Sylvie Guillou, secrétaire nationale SNUITAM-FSU
Fabien Guimbretière, CFDT secrétaire général de la Fédération Agroalimentaire
Jannick Guiramand, Sud Recherche
Olivier Guivarch, Secrétaire général CFDT Services
Daniel Guyard, CFE-CGC
Anne Guyot-Welke, Solidaires finances publiques
Clémence Helfter, militante CGT
François Hommeril, président confédéral CFE CGC
Benoit Hubert, secrétaire général SNEP-FSU
Mylène Jacquot, CFDT Fonctions publiques
Vanessa Jereb, secrétaire nationale UNSA
Martine Keryer, secrétaire nationale Santé au travail et Handicap CFE-CGC
Cecilia Koch, UNEF, le syndicat étudiant
Marie Jose Kotlicki, UGICT CGT
Ophélie Labelle, CGT Santé et Action Sociale
Bruno Lamour, secrétaire général de la fédération de l'enseignement privé CFDT
Sabine Landrevie, secrétaire générale SNUTEFI-FSU
Christiane Large, CFE CGC
Christine Lê, Alliance CFE UNSA énergies
Lilâ Le Bas, présidente de l'UNEF
Claire Le Calonnec, secrétaire générale de la fédération INTERCO CFDT
Marie Louise Le Coguiec, secrétaire générale SNE-FSU
Laurence Le Louët, co-secrétaire nationale SNPES-PJJ-FSU
Annie Lemasson, secrétaire générale SBUP CDC-FSU
Marylise Leon, secrétaire générale adjointe CFDT
Béatrice Lestic, secrétaire nationale CFDT
Sylvie Liziard, secrétaire nationale de l' UNSA
Philippe Louis, président de la CFTC
Frédérc Maguet, secrétaire général SNAC-FSU
Laurent Mahieu, secrétaire général CFDT Cadres
Raphaelle Manière, CGT membre Cese
Dominique Marchal, secrétaire confédérale de la CFDT
Frédéric Marchand, secrétaire général Unsa-Education
Emmanuel Margelridon, UNSA éducation
Benoît Martin, CGT Paris
Luc Martin-Chauffie, UNSA
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
Gaëlle Martinez, déléguée générale de Solidaires Fonction Publique
Luc Mathieu, CFDT Secrétaire général de la fédération Banques et assurances
Corinne Melis, syndicat ASSOS
Franck Mikula, chargé de mission égalité Femmes-Hommes CFE-CGC
Inès Minin, secrétaire nationale CFDT
Patrick Monfort, secrétaire général SNCS-FSU
Rémy Moreuille-Tassart, secrétaire général SNEPAP-FSU
Jérôme Morin, secrétaire générale CFDT Communication Conseil Culture,
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale de la fédération SGEN CFDT
Damien Pagnoncelli, CGT UD du territoire de Belfort
Dorine Pasqualini, SNUPFEN Solidaires
Eric Pedebosc, UNSA éducation
Nicolas Perry, syndicaliste CGT
Valérie Petit Lesage, secrétaire générale URIF CGT
Catherine Pinchaut, secrétaire nationale CFDT
Véronique Ponvert, secrétaire nationale FSU
Francette Popineau, co-secrétaire générale SNUIPP-FSU
Rui Portal, CFDT secrétaire général de la Fédération construction et bois
Philippe Portier, secrétaire national CFDT
Pascal Priou, secrétaire national UNSA
Isabelle Prono, Sud santé-sociaux
Serge Ragazzaacci, secrétaire général CGT 34
Elsa Regent, UNSA
Eve Rescanières, secrétaire générale CFDT Santé Sociaux
Julie Robert, secrétaire générale adjointe SNASUB-FSU
Anne Roger, responsable secteur femmes SNESUP-FSU
Frédérique Rolet, secrétaire générale SNES-FSU
Cédric Roms, Sud culture et médias Solidaires
Marie-Noëlle Rousse, secrétaire générale UD UNSA
Aurélia Sarrasin, secrétaire nationale SNES-FSU
Frédéric Sève, secrétaire national CFDT
Edgard Stemer, secrétaire général de la Fédération Transport et environnement CFDT
Mireille Stivala, secrétaire générale fédération CGT Santé et Action Sociale
Milena Surbled, co-animatrice de la commission égalité femmes-hommes SNETAP-FSU
Guillaume Trichard, secrétaire général de la fédération UNSA industrie
Emilie Trigo, secrétaire nationale UNSA
Jean-Marie Truffat, secrétaire national UNSA
Marie Vairon, Sud PTT
Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT
Marie-Jeanne Vidaillet, GFPP CFE-CGC
Martine Vignau, secrétaire nationale UNSA
Nadira Zeroual, Solidaires informatique.

Elles s'appellent Fatima, Marie, Rokhaya, Nadia. Elles ont été harcelées dans la rue ou sur les réseaux sociaux. Elles s'appellent Laura, Marine, Leïla. Elles ont été harcelées sexuellement au travail. Elles s'appellent Mié, Caroline, Lauriane. Elles ont été violées par un proche, certaines lorsqu'elles étaient enfants. Elles s'appelaient Amélia, Raouiyah, Magali, Jasmine, Razia. Elles ont été tuées par leurs conjoints ou leurs ex-compagnons.

Nous ne voulons plus de ces violences.

Selon l'Organisation des Nations-Unies, une femme sur trois subira des violences au cours de sa vie. En France, chaque jour, plus de 250 femmes sont violées*. Une femme sur 3 a déjà été harcelée ou agressée sexuellement au travail*. 16% de la population a été victime de violences sexuelles pendant son enfance*. Certaines femmes sont particulièrement touchées par ces violences, en raison de leur handicap, leur couleur de peau, leur situation de précarité, de leur origine ou leur orientation sexuelle, tout comme les personnes transgenres ou intersexes.

Les violences sexistes et sexuelles empêchent plus de la moitié de l'humanité, les femmes et les filles, d'exercer leurs droits fondamentaux. Elles bouleversent leur vie entière.

Nous ne voulons plus de ces violences.

Les solutions sont connues. Elles sont portées de longue date par les associations qui accueillent, avec des moyens dérisoires, des femmes victimes partout en France. Nous avons besoin de politiques publiques ambitieuses de prévention qui pourraient changer les comportements, comme elles l'ont fait pour des sujets de santé publique. Nous avons besoin d'une éducation obligatoire dès le plus jeune âge à la non-violence et à l'égalité filles - garçons, d'une formation systématique des professionnel.le.s qui accueillent les victimes, de l'utilisation effective des outils de protection prévus par la loi, de l'augmentation significative des moyens alloués aux associations et de places suffisantes pour l'hébergement des femmes victimes.

Nous signons ce texte car nous avons été victimes ou parce que nos soeurs, nos mères, nos amoureuses, nos collègues ou nos amies l'ont été.
Nous signons ce texte parce que nous sommes solidaires.
Nous signons ce texte car nous voulons agir.

Nous ne voulons plus de ces violences.

Chacune et chacun d'entre nous, à notre niveau, nous pouvons devenir un maillon de la chaîne pour lutter contre ces violences. En sensibilisant nos entourages, en réagissant lorsqu'un propos sexiste ou relevant du harcèlement sexuel est tenu dans les repas de famille, dans la rue ou au travail. En entendant, en croyant et en accompagnant les victimes qui nous parlent vers des associations qualifiées pour les aider.

Samedi 24 novembre, à la veille de la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes, nous appelons à marcher, pour dire stop aux violences sexistes et sexuelles.

Parce que nous ne voulons plus de ces violences.

RDV à Paris, à 14h, place de la Madeleine et partout en France
Rejoignez-nous : http://noustoutes.org

Carte des manifestations

* Sources : 93 000 femmes sont violées par an. Assemblée Nationale, 2018. Rapport n°721 - 32% des femmes ont déjà subi du harcèlement ou une agression sexuelle au travail. Observatoire du harcèlement sexuel. Étude Ifop pour VieHealthy.com. 2018 - Etude L'Enfant Bleu, 2017

250 personnalités disent #JeMarcheLe24 :
Charlotte Abramow, Photographe et réalisatrice - Pilar Aguilar, Critique de cinéma - Guillaume Aldebert, Chanteur - Rebecca Amsellem, Activiste - Juliette Arnaud, Écrivaine - Isabelle Attard, Ex députée écologiste - Virginie Augustin, dessinatrice - Clémentine Autain, députée - Broken Back, Chanteur - Marine Baousson, Humoriste - Christine Bard, historienne - Marie-Noëlle Bas, militante féministe - Lauren Bastide, Journaliste - Baubô Baubô, Rappeuse/Street Artiste - Baptiste Beaulieu, Médecin, Auteur, Chroniqueur sur France Inter - Bernard Bel, Secrétaire de l'Alliance francophone pour l'accouchement respecté (AFAR) - Brigitte Benkemoun, journaliste-auteur - Fatima Benomar, Porte-parole des effronté-es - Alix Beranger, Militante féministe La Barbe et Oui Oui Oui - Agnès Bihl, chanteuse - Sophie Binet, Syndicaliste CGT - Sonia Bisch, Collectif « Tou.te.s contre les violences obstétricales et gynécologiques » - Chris Blache, Co-fondatrice Genre et Ville - Benoit Blanc, Comédien - Sidonie Bonnec, Journaliste - Isabelle Bonnet-Murray, Réalisatrice - Léa Bordier, Réalisatrice - Éloïse Bouton, Autrice et militante féministe/LGBT+ - Lénaïg Bredoux, Journaliste - Iris Brey, Autrice, realisatrice, critique - Sylvlie Briere, Présidente France Prévention - Geneviève Brisac, Écrivaine - Michel Broué, Mathématicien - Isabelle Broué, Cinéaste - Simon Buret, Artiste - Romain Burrel, Directeur de la rédaction de TÊTU - Laura Calu, Humoriste - Christelle Canot, musicienne - Isabelle Carré, Comédienne - Alexandra Cavignaux, traductrice - Elodie Cellier, Cheffe d'entreprise (communication). - Marie Cervetti, Militante féministe - Lola Cès, Chanteuse - Mai Lan Chapiron, Chanteuse - Jeanne Cherhal, Chanteuse - Natacha Chetcuti-Osorovitz, Sociologue - Charotte Cieslinski, Journaliste - Christine Citti, Comédienne - Marie Francoise Colombani, Journaliste - Danielle Conge, Traductrice - Marco Conti, Artiste - Marco Conti Sikic, Artiste Visuel - Laetitia Coryn, Autrice de BD et comédienne - Fanny Cottençon, Comédienne - Clemence Cousteau, Artiste engagée - Nicolas Coyer, traducteur - Nadia Daam, Journaliste - Florence Darel, Comédienne - Eva Darlan, Comédienne - Laurence De Cock, Historienne - Caroline De Haas, militante féministe - Caroline De Maigret, productrice - Elen Debost, Élue locale du Mans et de la Sarthe - Éloïse Decour, Ingénieure - Mickaël Délis, comédien - Christine Delphy, soiologue et miltante - Vanessa Demouy, Comédienne - Julie Dénès, Auteure, juriste, cofondatrice DIPLO21 - Virginie Denis, Psychomotricienne - Gabrielle Deydier, Auteure, réalisatrice - Rokhaya Diallo, Journaliste et réalisatrice - Alison Dini, Auxiliaire de puériculture - Cyril Dion, Ecrivain, réalisateur - Léa Domenach, Autrice - Réalisatrice - Nicolas Domenach, Journaliste - Lucile Dupuy, Responsable du développement pou HandsAway - Lucie Durbiano, Autrice - Brigitte Duveau, navigante - Elvire Duvelle-Charles, Journaliste - Sylvia Duverger, Journaliste - Arié Elmaleh, Comédien - Annie Ernaux, Écrivaine - Anne Evrard, Co-présidente du Ciane (Collectif interassociatif autour de la naissance) - Sylvie Farr, Manageuse artiste - Nina Faure, réalisatrice - Julia Faure, Comédienne - Camille Faure, Artiste-Chanteuse - Carole Fisbach, assistante éditoriale - Michèle Fitoussi, Auteure , journaliste - Bénédicte Flye Sainte Marie, Journaliste et auteure - David Foenkinos, Écrivain - Esther Fouchier, présidente du Forum femmes méditerranée - Clémentine Gallot, Journaliste - Dominique Gauthiez-Rieucau, Écrivaine - Matthias Girbig, Comedien, Auteur. - Denis Gravouil, Secrétaire général CGT spectacle - Cecile Grollimund, Auteure -compositrice - Hélène Gubitsch, Autrice - Louis Guego, Artiste - Caroline Guesnier, Présidente du CIVIFF - Data Gueule, Collectif - Audrey Guiller, Journaliste et auteure - Gulden Guldas, Productrice - Corinne Guyonnet, Psychologue sexologue - Arthur H., Artiste - Christelle Hamel, sociologue, chargée de recherche à l'Institut national d'études démographiques - Deborah Hassoun, Scénariste - Ghada Hatem-Gantzer, Gyéncologue-accoucheur - Marie Hermann, éditrice - Sylvie Hoarau, Musicienne - Frédéric Hocquard, Adjoint à la maire de Paris - Céline Hognon, Artiste - Pascale Humbert, ingenieur - Imany, Chanteuse - Isabelle Ingold, monteuse-réalisatrice - Hervé Jacquet, producteur - Camille Japy, Comédienne - Michael Jeremiasz, Fondateur Asso Comme les Autres - Joyce Jonathan, Auteur - compositeur - interprète - Cy Jung, Écrivaine - Marie-Anne Juricic, Auteure, Sociologue - Tamara Kaboutchek, Chanteuse - Béatrice Kammerer, Journaliste - Bettina Kee - Ornette, Artiste - Danièle Kergoat, Sociologue - Clarika Keszei, Chanteuse - Kee-Yoon Kim, Auteure et comédienne - Mié Kohiyama, Journaliste et présidente de MoiAussiAmnesie - Dorothée Lachaud, Auteure réalisatrice - Rose-Marie Lagrave, Sociologue, EHESS - Marie Laguerre, Féministe - Marie-Hélène Lahaye, Juriste et autrice - Stephanie Lamy, Fondatrice du collectif Abandon de Famille - Tolérance Zéro - Mathilde Larrère, historienne - Sophie Marie Larrouy Larrouy, auteure et comédienne - Yannick Laurent, Comédien - Lilâ Le Bas, Présidente de l'UNEF - Rozenn Le Carboulec, journaliste - Michèle Le Doeuff, Philosophe - Michèle Le Doeuff, Philosophe - Arthur Leblanc, Réalisateur - Titiou Lecoq, autrice - Catherine Lecoq, Comédienne, metteuse en scène, syndicaliste - Blandine Lenoir, Comédienne, scénariste et realisatrice - Anne-Claire Levron, Chef de Projet musique et spectacle vivant - Sandy Lobry, Scénariste/Réalisatrice/actrice - Guilaine Londez, Comédienne - Aude Lorriaux, Journaliste - Sophie Loubière, Romancière - Lyes Louffok, Membre du Conseil National de la Protection de l'Enfance - Flèche Love, musicienne - Eric Macé, sociologue - Céline Malvo, Podcasteuse - Lisa Mandel, Autrice de bande dessinée - Françoise Marchand, Psychopédagogue énergéticienne . - Nora Markman, psychanalyste - Virginie Martin, Politiste - Christiane Marty, Ingénieure - Michela Marzano, philosophe - Carole Masseport, Musicienne - Thomas Mathieu, Dessinateur - Emilie Mazoyer, Animatrice Radio - Caroline Mecary, Avocate - Danielle Merian, Avocate honoraire, présidente de SOS AFRICAINES EN DANGER - Thomas Messias, Journaliste - Guillaume Meurice, Humouriste - Laure Michelon, Manager d'artistes - Yasmina Millich, Membre de l'association « Parler » - Giovanni Mirabassi, Musicien - Miss Tic Miss Tic, Plasticienne, poéte - Elena Miteva, économiste - Inna Modja, Chanteuse/Actrice/Activiste - Chantal Montpellier, Dessinatrice et écrivain - Florence Montreynaud, Écrivaine - China Moses, Artiste chanteuse - Anna Mouglalis, Comédienne - Tania Mouraud, Artiste plasticienne - Diariata N'Diaye, Artiviste, créatrice de l'application App-Elles - Nilusi Nissanka, Chanteuse - Helena Noguerra, Chanteuse, comédienne - Océan, Auteur et comédien - Déna Ollivier, Psychologue - Véronique Olmi, Écrivaine - Orlan, Artiste plasticienne - Yelka Orlic, Graphiste - Jeanne Outurquin, chargée de mission dans le secteur social - Ovidie, Réalisatrice - Celine Parsoud, Présidente de WoMen'Up - Henri Pena-Ruiz, Philosophe, écrivain, maitre de conférences à l'IEP - Vivianne Perelmuter, réalisatrice - Marine Périn, Journaliste et vidéaste - Méryl Pinque, Écrivaine - Méryl Pinque, Écrivaine - Karine Plassard, Militante féministe - Henri Poulain, Réalisateur - Yarol Poupaud, Musicien - Audrey Pulvar, Présidente de la Fondation pour la Nature et l'Homme (FNH) - Clément Quintard, Journaliste - Marie Rabatel, Co-fondatrice et Présidente de l'association Francophone de Femmes Autistes - Anne-Claire Rabret, Traductrice - Alice Rallier, Écrivaine publique - Agathe Ranc, Journaliste - Véronique Reine, Militante pour les droits des enfants - Raquel Rico Berrocal, Anthropologue. Sage-femme - Christophe Robert, Sociologue - Marie-Monique Robin, Réalisatrice, écrivaine - Muriel Robin, Comédienne - Suzy Rojtman, militante féministe - Margaux Rol, Podcasteuse - Barbara Romagnan, Militante - Marianna Romanelli, Mannequin et Doula - Laurence Rossignol, Sénatrice - Perrine Rouillon, Dessinautrice - Anne Roumanoff, Humoriste - Liliane Rovere, Actrice - Perrine Royole-Degieux, Communicante scientifique - Catherine Ruggeri, Haut fonctionnaire - Olivia Ruiz, Auteur compositeur - Aurelie Saada, Chanteuse - Diane Saint-Réquier, actrice en santé sexuelle - Muriel Salmona, Psychiatre présidente de l'assiciation Mémoire Traumatique et Victimologie - Bruno Salomone, Comédien - Cemil Sanli, Artiste comédien-vidéaste - Marion Schaefer, Militante féministe - Geneviève Sellier, Professeure émérite à l'Université Bordeaux Montaigne - Réjane Sénac, politiste - Coline Serreau, Cinéaste - Gauvain Sers, Chanteur - Camille Sfez, Auteure - Rachel Silvera, économiste - Grégoire Simon, Ambulancier- Musicien chez Têtes Raides - Nicola Sirkis, Chanteur - Charles Souchon, Chanteur - Martine Storti, Auteure - Barbara Strandman, Présidente de l'Alliance Francophone pour l'Accouchement Respecté (AFAR) - Patricia Teglia, attachée de presse - Elise Thiébaut, Journaliste - Sophie Tissier, fondatrice Touche Pas à Mon Intermittent.e - Isabelle Titti Dingong, médecin pédiatre - Marina Tomé, Actrice, responsable AAFA-Tunnel de la Comédienne de 50 ans - Helena Torping, Responsable d'activité - Philippe Torreton, Comédien - Corinne Valancogne, Comédienne - Angèle Van Laeken, Chanteuse - Corinne Van Loey, Psychologue spécialiste du traumatisme - Celine Verzeletti, Syndicaliste - Alice Vial, Réalisatrice - Eliane Viennot, Historienne, linguiste - Diane Villanueva, Chanteuse - Aurore Voisin, Tourneur / Agent - Martin Winckler, Médecin et écrivain - Keren Ann Zeidel, Artiste - Julie Zenatti, Artiste

Pour la rentrée prochaine, le gouvernement a prévu la diminution de 4 500 emplois de fonctionnaires d'État : 40 % de cette baisse est supportée par la seule Éducation nationale.

La fin de la priorité budgétaire est conjuguée à une politique éducative fondée sur le pilotage par les résultats, l'injonction et la remise en cause des résultats de l'école. Les personnels vivent cette politique comme une remise en cause de leur professionnalité et une absence de reconnaissance. Ils l'ont montré lors de l'action et de la grève du 12 novembre.

Le ministre ne peut se prévaloir d'un objectif de lutte contre les inégalités et d'augmentation générale du niveau des élèves sans s'en donner les moyens.
Le projet de loi de finances 2019 marque ainsi la fin de la priorité accordée à l'Éducation nationale. Il renoue avec une logique de suppressions de postes, qui ira en s'amplifiant dans les prochaines années. L'objectif du gouvernement est de supprimer 50 000 postes de fonctionnaires de l'État d'ici la fin du quinquennat.
Dans le primaire, les 1 800 postes créés ne suffiront pas au dédoublement des CP et CE1 en éducation prioritaire puisque le ministère annonce lui-même que 4 000 postes seraient nécessaires. Avec les 2 650 suppressions de postes d'enseignants dans le second degré et les 400 suppressions de postes de personnels administratifs, c'est partout que les conditions d'apprentissage des élèves et de travail des personnels se dégraderont dès la rentrée prochaine. L'administration quotidienne, l'accueil des élèves et de leurs familles, la gestion des personnels seront mis en grande difficulté.

D'après l'institut Odoxa, pour 73 % des personnes interrogées, les personnels de l'éducation sont « compétents », et 62 % estiment les enseignants « soucieux de leurs élèves » et 58 % les jugent « dévoués ». Ils ont soutenu à 72 % l'appel à la grève du 12 novembre dernier. Comme les personnels, ces usagers de l'école publique expriment leurs inquiétudes pour l'avenir de l'École comme leur exaspération vis-à-vis des politiques menées.

Entre le 29 novembre et le 6 décembre, plus de 6 000 candidat-e-s de la FSU et de ses syndicats nationaux se présentent à vos suffrages, pour porter vos revendications en matière de statut, salaire, emploi, retraite… Soutenez l'engagement au quotidien des militant-e-s et des élu-e-s de la FSU en faveur de la réussite de tous les élèves en portant votre voix sur les listes présentées par la FSU et ses syndicats nationaux.

Pour pouvoir voter, chaque électeur-trice doit disposer :

  • d'un identifiant qui a été transmis par courrier à l'adresse professionnelle (notice de vote avec case à gratter)
  • d'un mot de passe (celui créer dans l'espace électeur)

En cas de perte de l'identifiant, il est possible de demander un nouvel identifiant :

  • choisir Demander un nouvel identifiant électeur
  • compléter le formulaire

Un nouvel identifiant vous est transmis par SMS sur votre portable

La FSU a décidé de signer le protocole pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique en particulier pour acter les avancées acquises au regard de l'accord de 2013.
Le combat pour l'égalité professionnelle est un combat de long terme. La FSU défend depuis toujours, les droits des femmes et l'égalité professionnelle. Elle organise des initiatives et mobilise en ce sens.
Le texte comporte des insuffisances, portant notamment sur les plans d'action « égalité professionnelle » qui seront négociés par employeur et le rôle flou du fonds pour l'égalité professionnelle et son abondement mais aussi en termes de contraintes financières fortes. Malgré cela le protocole que l'administration propose est conforme à un certain nombre des mandats de la FSU et constitue un point d'appui intéressant pour faire avancer nos revendications féministes et syndicales, dans une approche globale de la question de l'égalité professionnelle.

Le texte proposé prend en compte un certain nombre de ces revendications portées par la FSU.
La FSU, qui a été très active lors de la négociation, a permis de faire avancer un certain nombre d'idées et d'éléments comme :

  • toutes et tous les agent-es de la Fonction publique (dans les 3 versants) seront bénéficiaires des mesures prises,
  • l'obligation de résultats et la possibilité de sanctions en cas de non mise en œuvre par les employeurs des actions décidées,
  • la mise en œuvre de plans d'actions obligatoires avec des objectifs chiffrés et un rapport annuel de situation comparée,
  • l'intégration de la lutte contre le harcèlement moral et sexuel (axe 5),
  • un changement de calendrier raccourcissant les délais de mise en œuvre,
  • la suppression de la journée de carence pour les femmes en arrêt maladie lors de leur grossesse,
  • le maintien des compétences des instances de concertation concernant les questions d'inégalités professionnelles,
  • un abondement de l'action sociale (place de crèches),
  • l'idée de « neutralisation » de l'impact des congés familiaux sur la rémunération et les parcours professionnels,
  • le nouvel accord reprend et renforce celui de 2013.

Les mesures proposées devraient apporter une amélioration de la situation en posant quelques principes forts : des plans d'actions obligatoires, la suppression des écarts de rémunération et des déroulements de carrière sur la base du principe « d'un salaire égal pour un travail de valeur égale », l'accompagnement de la parentalité, la prévention et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes…
La FSU continuera de porter ses revendications notamment celles qui n'ont pas trouvé leur place dans ce protocole. Ainsi, elle s'indigne de la méconnaissance du contenu de formation initiale des assistantes de service social en matière de prévention et de lutte contre les violences, seule profession à être expressément citée dans le texte.
Par ailleurs, les nouvelles règles de mobilité, le recours possible au télétravail, l'annualisation du temps partiel... comportent des risques forts de dérives auxquelles la FSU sera vigilante. Quant au financement de ces mesures, et notamment des actions de formation et de prévention, il n'est pas prévu, hormis la création d'un fonds alimenté par le versement de pénalités. La FSU juge l'engagement sur les moyens nécessaires insuffisant à ce stade pour mener à bien le programme de ce protocole. Elle militera pour que les financements nécessaires soient alloués pour mener à bien ses actions. La FSU sera exigeante vis à vis du gouvernement quant à la mise en œuvre de ces mesures et particulièrement sur la mise à disposition, chaque année, des moyens financiers adéquats.

Cet engagement de la FSU en faveur du protocole ne vaut que sur ce texte.
La signature de la FSU ne vaut pas satisfecit sur la politique gouvernementale concernant l'égalité femmes/hommes.
La FSU n'est pas dupe : la politique menée par ce gouvernement et les réformes qu'il porte pénalisent les plus précaires, et en particulier les femmes. Le protocole prétend s'attaquer aux inégalités de salaires et de carrières qui pénalisent les femmes ; dans le même temps la réforme de l'action publique envisage une prise en compte du mérite dont on sait qu'elle va accentuer ces mêmes inégalités.
En effet, la FSU continue et continuera de dénoncer avec la plus grande fermeté les autres projets en cours dans la Fonction publique : recours massif au contrat, individualisation de la rémunération, suppressions d'emplois, atteintes au statut de la Fonction publique, réduction du périmètre des missions…
Plus largement, si la FSU se satisfait de la prise en compte des violences sexistes et sexuelles au travail (axe 5), elle ne peut que dénoncer la mise en difficultés des associations d'aide aux femmes victimes, dont certaines sont contraintes de cesser leur accompagnement suite à la réduction drastique des subventions publiques et à la suppression des emplois aidés.
Enfin la réforme des retraites à venir s'annonce comme une dégradation pour les fonctionnaires, et particulièrement pour les femmes, dont les carrières sont en moyenne plus courtes, assorties de salaires plus faibles et de périodes de temps partiels.
La FSU continuera à s'engager dans les mobilisations collectives, et à mettre en évidence les contradictions internes d'un gouvernement dont toute la politique va à l'encontre de l'égalité et des droits des femmes.

Le rapport annuel sur l'état de la Fonction publique présenté ce lundi 12 novembre au conseil commun de la Fonction publique et dont la version projet est publiée en ligne par l'administration ici : https://www.fonction-publique.gouv.fr/rapport-annuel-sur-letat-de-la-fonction-publique-edition-2018 met à disposition de l'ensemble des citoyens des données utiles au débat public.

L'édition 2018 comporte les statistiques complètes relatives à l'emploi et aux salaires des agent-es de la Fonction Publique pour l'année 2016.

Ce rapport est un document utile qui montre la réalité du quotidien des fonctionnaires et des agent-es non titulaires. Il déconstruit nombre d'idées fausses.

La Fonction publique ce sont aujourd'hui 5,48 millions de personnes (20% de l'emploi en France) parmi lesquelles 967 000 ne sont pas titulaires qui sont engagé-es au quotidien pour faire fonctionner les services publics.

Le nombre d'agents a augmenté de 0,5% en 2016 mais le taux d'administration stagne. Cela signifie que l'augmentation de la population, et donc de ses besoins, n'est pas prise en compte avec un nombre équivalent d'agents publics.

Par ailleurs, le nombre de fonctionnaires baisse. Le rapport relève ainsi une augmentation de la part des contractuel-le-s dans l'emploi public (+ 2,8%). Et le gouvernement annonce vouloir aller encore plus loin !

La FSU revendique plus que jamais un plan de titularisation et l'ouverture de discussions sur la question des recrutements d'agent-es titulaires.

Concernant les rémunérations, le rapport annuel fait le portrait d'une Fonction Publique affaiblie par les politiques d'austérité menées successivement. Il montre aussi que l'entrée en application de la première tranche du protocole PPCR contrarie un peu ce mouvement avec des gains évidents pour toutes et tous les agent-es. Pour la FSU, il s'agit de revaloriser davantage toutes et tous les agent-es et de reconnaître mieux leurs missions et qualifications.

La part des primes dans les traitements continue son augmentation. Si le rythme en est moins rapide en 2016 (+0,4 point), cela confirme que l'attribution de primes continue à compenser la perte relative de pouvoir d'achat du traitement indiciaire, et qu'elle se fait seulement au bénéfice de certains. La FSU maintient sa revendication de revalorisation indiciaire de toutes et tous et d'intégration des primes dans les salaires. Cela est d'autant plus important à la veille d'une réforme des retraites qui risque d'être préjudiciable aux fonctionnaires compte tenu de la politique salariale menée.

Le salaire net mensuel des femmes est inférieur de 12,9% à celui des hommes dans l'ensemble de la Fonction publique, rendant urgentes l'application de mesures contraignantes pour atteindre l'égalité.

Les indicateurs sur les structures par âge des personnels marquent un vieillissement de la Fonction Publique. Les départs en retraite sont toujours plus tardifs et l'entrée dans la Fonction Publique toujours plus tardive (le nombre de fonctionnaires de moins de 30 ans est toujours en baisse). A cela s'ajoute une politique de recrutement insuffisante.

Le cliché du « rond de cuir » est battu en brèche. Le rapport note que 36% des fonctionnaires travaillent le dimanche (25% dans le privé), 17% travaillent de nuit (15% dans le privé).

Loin des caricatures faites parfois, les agent-es travaillent dans des conditions parfois difficiles et mal reconnues pour assurer l'efficacité et la continuité du service public. Le nombre de jours d'absence pour maladie est sensiblement le même dans la fonction publique que dans le privé (33% dans le public et 30% dans le privé et pour 52% des agent-es il s'agit d'un arrêt de moins de 8 jours, c'est le cas aussi pour 49% des salarié-e-s du privé). La FSU continue d'exiger la fin de la journée de carence tout aussi injuste qu'inefficace.

La FSU s'appuiera sur ce rapport pour faire reconnaître mieux l'engagement professionnel de toutes et tous les agent-es et obtenir de meilleures conditions de travail.

C'est une question de justice sociale pour les agent-es et c'est indispensable au bon fonctionnement des services sur l'ensemble du territoire.

Les Lilas le 14 novembre 2018

Il y a un an, les femmes ont libéré leurs paroles sur les réseaux sociaux en dénonçant massivement les violences sexistes et sexuelles dont elles sont victimes.
Ces témoignages venus du monde entier ont révélé l'ampleur de ces violences et ont démontré que les femmes se saisissent d'un espace de parole quand il leur est proposé.
Ils ont aussi mis en exergue le manque évident de lieux et de personnels formés pour recueillir leur parole et les conditions d'écoute actuellement inadaptées. L'institution judiciaire et l'environnement professionnel ne remplissent pas correctement leurs missions de prévention, d'accueil et de protection des femmes comme le prévoient pourtant divers textes législatifs.
La FSU continue de dénoncer la baisse d'aides déjà insuffisantes de l'État aux associations qui prennent en charge les victimes, aux organismes de recherche qui décortiquent les mécanismes produisant les inégalités et les violences.
Pour la FSU, la loi contre les violences sexistes et sexuelles comporte de graves lacunes en matière de protection des mineur-es et ne va pas assez loin pour lutter contre les violences faites aux filles et aux femmes. Elle demande une véritable loi cadre.
Au travail les violences subies par les femmes sont rarement identifiées et reconnues comme telles. Et la fonction publique n'est pas épargnée. Pourtant, ces violences ont un impact avéré sur leur santé physique et mentale comme sur leur déroulement de carrière.
Pour la FSU, l'institution a le devoir d'accompagner et de protéger les victimes dans leur carrière mais aussi dans leur emploi. La FSU exige notamment le maintien des CHSCT car cette instance représentative des personnels est un outil indispensable pour lutter contre les violences.
La FSU revendique des moyens dédiés et fléchés pour mettre en oeuvre une véritable politique volontariste pour prévenir et faire cesser ces violences. L'Etat a un devoir d'exemplarité en la matière et doit rendre effectif l'ensemble des mesures déclinées dans le futur protocole Egalité Professionnelle.
La FSU rappelle également l'importance de l'Education à l'égalité fille-garçon inscrite dans les programmes scolaires. C'est un outil efficace de prévention. Pour la FSU, il y a urgence à mettre en oeuvre un plan d'ampleur incluant la formation de tous les personnels, une éducation non sexiste des jeunes à tous les niveaux de scolarisation et des moyens à la hauteur des besoins pour que la prise en charge globale des femmes victimes de violences puisse être effective dans tous les domaines professionnels.
Le collectif #NousToutes, dont la FSU est partie prenante, a pour ambition de porter les paroles des femmes qui ont émergées au moment de #MeToo et de transformer ces paroles en revendications.
A l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la FSU, engagée au quotidien, appelle les personnels à marcher et à se mobiliser en participant aux initiatives du 24 novembre pour que cesse l'impunité des agresseurs et celle des employeurs.
Lutter contre ces violences est un élément indispensable pour qu'enfin l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes se concrétise et devienne effective dans tous les domaines professionnels.

En 2017, 19 242 enseignants non permanents (hors enseignants vacataires) étaient en fonction dans les établissements publics de l'enseignement supérieur, soit 23% de l'ensemble du personnel enseignant. Ils se répartissent en 7 statuts : les doctorants contractuels, les attachés temporaires d'enseignement et de recherche, les enseignants associés, les enseignants invités, les lecteurs et maîtres de langues, les contractuels sur emplois du 2nd degré et enfin les contractuels LRU. D'après le ministère, les effectifs des enseignants non permanents se sont stabilisés en 2017.

Si les 6 premiers statuts sont cadrés nationalement, les enseignants LRU sont dépendants de la politique de recrutement de leur établissement : en 2017, 1 000 ont un contrat d'enseignement, 243 exercent des fonctions d'enseignement et de recherche et 212 ont exclusivement des contrats de recherche. Généralement, ces contrats sont à durée déterminée d'un an renouvelable ou de 3 ans, renouvelable une fois. Beaucoup d'établissements limitent à cinq ans la durée maximale de contractualisation afin de ne pas être « obligés » de transformer ces contrats en contrats à durée indéterminée.

Les conditions de rémunération diffèrent drastiquement d'un établissement à un autre. Si certains ont prévu d'aligner le salaire de ces enseignants sur les grilles des PRCE, PRAG ou MCF suivant le profil des candidats, d'autres proposent au contraire pour un service d'enseignement de 384 heures une rémunération de 300 euros en dessous des rémunérations des ATER, sans prime de recherche et sans prise en compte de l'ancienneté. Ce sont pourtant des anciens ATER, titulaires d'un doctorat et qualifiés par le CNU aux fonctions de maître de conférence qui sont ainsi traités...

En parallèle, pour faire face à l'augmentation massive d'étudiants, les établissements n'hésitent pas à recruter des enseignants vacataires : sur 79 % d'établissements ayant répondu à l'enquête annuelle sur les personnels enseignants non permanents, le nombre d'enseignants vacataires s'élève à 105 596 en 2017 avec 10 500 d'entre eux qui effectuent au moins 96 heures équivalent TD. Ces chargés d'enseignement ont une situation extrêmement précaire avec une rémunération effective inférieure au SMIC, et ne donnant pas droit au paiement des congés payés et jour fériés, ni même à l'allocation chômage ou aux congés maternité, paternité ou parental. Pire, ils peuvent, suite à un congé maternité ou à un arrêt de travail, ne plus avoir d'affectation d'enseignement, et ne disposent d'aucun retour. Enfin, un chargé d'enseignement vacataire ne peut prétendre ni à un contrat de travail à durée indéterminée ni à une titularisation par le dispositif SAUVADET.

La FSU demande l'ouverture de postes d'enseignants-chercheurs titulaires et le respect de la circulaire MANDON du 25 avril 2017 sur le paiement mensualisé des vacataires.

Par Patrick Monfort, secrétaire général du SNCS-FSU

Le New Public Management a fait également son œuvre dans la recherche. D'une organisation collective dans laquelle les chercheurs maitrisaient leurs questions scientifiques et la méthodologie pour les aborder en étant soutenue par suffisamment de crédits, la recherche est passée à un pilotage au moyen d'une gestion technocratique qui impose un rendement sur des objectifs à court terme. Les scientifiques perdent leur liberté académique, les collectifs de travail sont détruits, le gâchis humain est important et les jeunes finissent par abandonner la recherche.

Le financement des laboratoires subit une transformation majeure depuis plus de 15 ans. D'un système où les laboratoires et les équipes étaient financés par un budget majoritairement attribué après évaluation scientifique de leurs activités, le financement des recherches a basculé majoritairement vers le système des appels à projet. La création en 2005 d'une agence de financement, l'Agence nationale de la recherche (ANR), a permis aux gouvernements successifs de disposer d'un outil puissant de pilotage de la recherche, en décidant des secteurs prioritaires à financer et en poursuivant un objectif général de compétitivité économique. Puis, tout en diminuant le financement des organismes de recherche et des universités, les gouvernements ont organisé des appels à projet à grande échelle, dans le cadre d'une politique dite d' « excellence ».

Le système libéral dominant est aujourd'hui convaincu qu'il doit et peut accélérer le transfert et l'innovation pour résoudre la crise économique et affronter la concurrence économique internationale. Pour cela il organise le pilotage de la recherche en appliquant les concepts portés par le New Public Management.

Pour contraindre le système de la recherche publique, les décideurs utilisent trois leviers principaux : la baisse et la mise en compétition des ressources financières et leur contrôle par des intérêts extérieurs, l'augmentation de la précarité des personnels, l'occupation des scientifiques à des tâches chronophages et inutiles.

Cette situation affecte l'ensemble des personnels dans les laboratoires et créée des situations de souffrance au travail :

• équipe ou individu peu ou pas financé à coté de collègues heureux gagnants d'appels à projets et disposant de crédits importants ;
• mise à l'écart des perdants (des appels à projets) au sein des unités de recherche ;
• disparition des collectifs de travail au profit d'individualismes exacerbés ;
• situations conflictuelles pouvant conduire à du harcèlement ;
• épuisement professionnel, dépression, état de sidération face à une charge d'urgence toujours répétée et inutile.

Ces situations conduisent aussi à ne plus comprendre, à oublier, à mettre de côté l'intégrité et l'éthique scientifiques, ce qui peut avoir pour conséquence des malversations, voire des fraudes scientifiques, inexcusables.

Il y a urgence à redonner les moyens financiers, humains mais aussi du temps intellectuel à la recherche. C'est pour cela que les syndicats de la FSU dans l'enseignement supérieur et la recherche agissent. Non pas seulement pour mettre en place des plans de prévention des risques psychosociaux, ce qui est certes nécessaire, mais aussi pour traiter les véritables causes : rendre aux scientifiques les moyens de leur travail.

Depuis quelques années, la politique du chiffre a pris le contrôle de secteurs entiers de la vie universitaire. Les directions ressassent leurs indicateurs et oublient parfois la vraie vie…

Dans les Oeuvres universitaires et scolaires par exemple (CROUS + CNOUS), les unités de gestion (entités locales qui gèrent en général les cités U ou les unités de restauration) se voient attribuer des objectifs chiffrés en terme de taux de remplissage, de nombre de repas servis.
L'objectif réel n'est pas d'améliorer le service public, de mieux accueillir l'étudiant.e, mais bien, entre autres, de remplir au maximum les chambres.
Que des éléments chiffrés apparaissent dans des bilans n'a rien de choquant en soi, si ils sont complétés par des éléments se rapportant à la qualité du service. En revanche, se focaliser sur les « chiffres » sans les replacer en perspective amène nécessairement à favoriser la quantité au détriment de la qualité.

Quoi d'étonnant à ce que tel.le ou tel.le directeur/trice d'unité de gestion soumette ses personnels à une pression du chiffre permanente, si il/elle y est soumis.e par sa direction ? Quoi d'étonnant à ce que la qualité de la relation se dégrade si, pour améliorer les « chiffres », des cités U accueillent des étudiant.e.s sans aucun personnel du CROUS en poste sur place ?

Evidemment, personne ne défend qu'il faille laisser des chambres de cité U vacantes, ni qu'il faille refuser de servir des repas aux étudiant.e.s… mais remplacer la construction de projets de service par une surveillance d'indicateurs basiques (chiffrés) amène logiquement à une déshumanisation des rapports avec les étudiants et entre les personnels… en clair un recul du service public.

Le travail des enseignants de statut second degré à l'université s'est considérablement alourdi au fur et à mesure de la dégradation globale des conditions de travail des personnels de l'enseignement supérieur : réduction des horaires disciplinaires, pour cause d'économies budgétaires à réaliser sur les maquettes d'enseignement, et perte du sens du métier qui en découle ; multiplication des groupes et augmentation des effectifs d'étudiant.e.s ; problème récurrent de manque de salles et d'équipements ; évaluations multiples à concevoir, parfois sous forme dématérialisée, charges administratives multiples et chronophages ; recherche de vacataires, puis « gestion » des bataillons de personnels précaires ; services d'enseignement souvent cantonnés aux L1, ou au mieux aux L2, et principalement en TD là où les groupes sont les plus chargés. Le quotidien des PRAG et des PRCE n'est pas de tout repos, les tensions s'aiguisent entre collègues et cela ne contribue pas à la sérénité des équipes pédagogiques.

Si les espoirs d'obtenir un poste d'enseignant-chercheur s'amenuisent au fur et à mesure des gels d'emplois, de nombreux PRAG et PRCE tentent malgré tout de poursuivre leur recherche, mais cela s'avère de plus en plus difficile, notamment du fait de décharges pour préparation de thèse très insuffisantes.

Ce n'est pas une fatalité, mais sans lutte collective déterminée, les individus atomisés ne pèsent pas lourd dans ce système qui ne profite qu'à une infime minorité. Rejoindre le SNESUP-FSU pour mener ces combats, pour être bien informé et soutenu, et pour améliorer la situation de chacun.e est une nécessité !

L'évolution managériale de nos établissements n'est pas sans conséquence sur notre travail, et les mêmes impacts sont systématiquement signalés dans les enquêtes d'opinion publiées par la presse spécialisée, comme dans les résultats de l'étude que nous avons menée en 2017 auprès de 2 612 enseignants-chercheurs et enseignants exerçant dans l'enseignement supérieur : manque de temps, manque de reconnaissance, insuffisance de moyens, absence de mesure de prévention des risques psychosociaux et de la santé au travail, dialogue social insatisfaisant et démocratie universitaire en berne, perte du sens du métier.

Le manque de temps qui contraint à étendre les périodes de travail le soir, le week-end et pendant les congés est dû à la fois à la multiplication de nos missions, au manque de personnel, à la bureaucratisation des procédures, aux processus de regroupement, au morcellement des cours, et à la nécessité de répondre à des appels à projets pour obtenir les moyens de travailler.
Le manque de reconnaissance est également largement évoqué. Il relève à la fois d'une reconnaissance insuffisante de la part de l'institution (salaires bloqués, grille de carrière et promotions limitées, primes à la tâche ou au mérite…) et d'une reconnaissance partielle des pairs (lors des dossiers de promotion) et tardive des étudiants (souvent a posteriori).
Le manque de moyens matériels pour la recherche et la pédagogie se décline à la fois au niveau des locaux et des équipements vétustes (bureaux, matériel informatique ou audiovisuel non entretenu…) ou inadaptés au nombre d'étudiants par groupe (salles trop petites et matériels de TP en nombre insuffisant).
L'absence de suivi médical et de mesures de prévention des risques pour la santé au travail accélère la dégradation de la santé physique et mentale (épuisement professionnel et exposition aux produits toxiques, chimiques ou biologiques...).
Le contournement des instances de dialogue social locales (CT ou CHSCT) et nationales (CTMESR, CHSCT, CNESER) conduit à écouter sans entendre, et à passer outre les avis quand ils ne sont pas contraignants ou tant qu'ils ne sont pas portés à la suite de la construction d'un rapport de force.
Enfin, la bureaucratisation, la soumission aux procédures du « nouveau management public » et le respect des indicateurs quantitatifs de l'excellence conduisent à une perte du sens de l'engagement pour le service public, pour le développement de l'esprit critique et des connaissances scientifiques disciplinaires.

La FSU, en tant qu'organisation syndicale de l'ensemble des personnels de l'université, prône par contre des réponses collectives. Participer aux instances de l'université, et notamment aux CT et CHSCT, constitue un levier essentiel de la défense des personnels et de leur protection contre toutes les formes de violence qui peuvent les affecter.

Par Hervé Christofol, secrétaire général du SNESUP-FSU

Nous avons des métiers formidables, qui ont du sens et une réelle utilité, que ce soit pour nos étudiants, comme pour relever les enjeux démocratiques, scientifiques, culturels, sanitaires et environnementaux de notre société. Mais nous sommes trop souvent empêchés de les exercer. Nos conditions de travail peuvent être un obstacle au bon accomplissement de nos missions. Bien entendu, les situations diffèrent très fortement d'un établissement à l'autre et même d'une UFR ou d'un département à l'autre. Cependant les métiers des universitaires n'ont plus rien à voir avec ceux de nos collègues d'il y a à peine 20 ans.

Les lois successives sur l'enseignement supérieur depuis le processus de Bologne s'inscrivent dans un processus de déréglementation du monde universitaire lourd de conséquences pour les conditions de travail des enseignants et enseignants-chercheurs (EC). Notre administration a décidé de substituer les idéologies du nouveau management public (NMP : management autocratique, évaluations quantifiées, mérite ou excellence, recrutement sur contrat, marchandisation, autonomie et concurrence) aux valeurs de l'université défendues par la FSU, garantes des libertés académiques et de la qualité de l'enseignement et de la recherche (collégialité et démocratie universitaire, évaluation par les pairs, qualification par le CNU, statut de fonctionnaire d'état, unité et partage de la connaissance, coopération et égalité de traitement, missions de service public pour toutes et tous sur tout le territoire).

La logique de financement de la recherche sur appel à projet au détriment des crédits récurrents, l'évaluation permanente, la culture du résultat et de la performance sont autant d'éléments qui ont altéré la manière d'exercer nos missions. Bien plus, la « révolution numérique » qui aurait pu être un facilitateur de nos métiers est désormais vécue comme une tyrannie : invasion de nos enseignements par des pseudo-innovations numériques, avalanche de courriels professionnels, y compris en dehors du temps de travail... L'industrialisation des formations pour répondre à un enseignement de masse contribue à la prolétarisation des enseignants et enseignants-chercheurs : contenu des enseignements et modalités de contrôle de connaissance imposés, parcellarisation des enseignements en blocs de compétences.

Alors que nous avons vocation à être des professionnels, acteurs à part entière dans la gestion de nos établissements, pourrions-nous en devenir les ouvriers spécialisés, de simples exécutants ?

Rien n'est définitif cependant, ce qu'une loi a imposé, une autre peut s'y opposer pour développer une fonction publique de l'enseignement supérieur et de la recherche alignée avec nos valeurs, respectueuse des conditions de travail des personnels, adaptée aux enjeux de notre siècle et au défi de la démocratisation de l'enseignement supérieur. Nous avons également des capacités de résistance et de normalisation au sein de chacune de nos missions. Utilisons-les collectivement. La défense des intérêts des personnels et de leurs conditions de travail nécessite un engagement de la communauté dans ses syndicats et auprès de ses élus dans les conseils.

Réformes à répétition, qui plus est non concertées, réorganisations de services sans prise en compte de la réalité du travail ni de l'avis des personnels, nouveau management public, suppressions de postes, absence de médecine du travail… autant d'éléments qui augmentent la charge et l'intensité du travail et qui provoquent aussi des glissements de tâches, des déqualifications, une perte de sens du travail…
Il est urgent de gagner de meilleures conditions de travail. C'est essentiel pour toutes et tous les agent.e.s. C'est utile aussi au bon fonctionnement des services.
Et qui mieux que les représentant.e.s des personnels, élu.e.s dans les instances de concertation, pour porter, avec les personnels, toutes les revendications nécessaires et pour défendre au quotidien les personnels ?
Alors, prenons la parole, restons acteurs de nos métiers, faisons respecter et mieux reconnaître notre engagement professionnel.

Suppressions de poste dans l'Éducation nationale : en grève le 12 novembre !

Alors que le débat budgétaire s'ouvre au parlement, les organisations syndicales FSU, SGEN-CFDT, SNALC, UNSA Éducation appellent les personnels à être en grève le 12 novembre contre le projet de budget 2019 pour l'enseignement scolaire.

Le gouvernement a prévu la diminution de 4 500 d'emplois de fonctionnaires d'état : 40% de cette baisse est supportée par la seule Éducation nationale.
Ces suppressions de poste sont décidées « en même temps » que le ministre présente son projet de loi pour l'école de la confiance. La fin de la priorité budgétaire conjuguée aux changements de pieds incessants de politique éducative, au mode de pilotage vertical et aux mises en cause des résultats de l'école sont vécus comme une absence de reconnaissance et une remise en cause de la professionnalité des personnels. Les actes et les mots ont du sens. Le ministre ne peut se prévaloir d'un objectif d'augmentation générale du niveau des élèves et de justice sociale, sans s'en donner les moyens.

Le projet de loi de finances 2019 marque ainsi la fin de la priorité accordée à l'Éducation nationale en renouant avec la logique de suppressions de postes, une logique appelée à s'amplifier dans les années suivantes pour atteindre les 50 000 suppressions annoncées de fonctionnaires de l'État.

Avec le redéploiement dans le primaire qui ne suffit pas au dédoublement CP et CE1 en éducation prioritaire dans le contexte d'un sous-investissement chronique, les 2650 suppressions de postes d'enseignants dans le second degré qui vont toucher les collèges et les voies générales, technologiques et professionnelles des lycées, et les 400 suppressions de postes de personnels administratifs après les 200 de l'an passé, les conditions d'apprentissage pour les élèves et de travail des personnels, se dégraderont dès la rentrée prochaine pendant que l'administration du système, pour les élèves et leurs familles, comme pour la gestion des personnels sera mise en grande difficulté.

Ce budget ne porte pas une politique éducative ambitieuse. Les organisations syndicales FSU, SGEN-CFDT, SNALC, UNSA Éducation appellent les personnels à exprimer leurs inquiétudes pour l'avenir de l'École comme leur exaspération.
Elles appellent l'ensemble des personnels à se mettre en grève et à participer aux manifestations et rassemblements prévus le 12 novembre pour demander au gouvernement un autre budget pour l'enseignement scolaire public et une politique éducative à l'écoute des personnels .

Ivry le 19 octobre 2018

Voir également le tract de la FSU :

Liste des manifestations (mises à jour régulières) :

  • 002 Aisne - Laon : 10h lycée Paul Claudel, Soissons :14h rond-point rue Alexandre Dumas, Saint-Quentin : 16h place Mulhouse
  • 003 Allier : 14h30 devant l'inspection académique (Yzeure)
  • 004 Alpes de Haute Provence : 10:30 à Digne devant l'Inspection Académique
  • 005 Hautes Alpes : 10 h devant l'inspection académique
  • 006 Alpes Maritimes : 10h place Massena Nice
  • 007 Ardèche : PRIVAS DSDEN 10H30
  • 008 Ardennes - 10h30 rassemblement devant la DSDEN (audience à 11h) puis manifestation en direction de la Préfecture (> 12h30)
  • 009 Ariège : Inspection Académique à Foix, 10h30.
  • 010 Aube - rassemblement à 15h devant la préfecture de Troyes, suivi d'une AG à 16h dans la salle du petit Louvre
  • 011 Aude : 11h : DSDEN 67 rue Antoine Marty Carcassonne
  • 012 Aveyron : Place d'Armes, RODEZ à 14h00
  • 013 Bouches-du-Rhône : Marseille 10h sur le vieux port (près du Carrousel)
  • 014 Calvados : Caen, Place du Théâtre à 10 H 30
  • 015 Cantal : Aurillac 10h3 devant DSDEN place de la paix
  • 016 Charentes : Angoulème 10h30 devant la cité administrative
  • 017 Charente-Maritime - La Rochelle - Place de Verdun - 10h30, Saintes - Palais de Justice - 10h30
  • 018 Cher : Bourges, Place Séraucourt à 10h30
  • 019 Corrèze : Tulle 10h parvis de la cité administrative
  • 022 Cotes d'Armor : 11 heures Saint-Brieuc
  • 025 Doubs : 10h30 à Besançon, place de la Révolution.
  • 026 Drôme : VALENCE CHAMP DE MARS 14h 30
  • 027 Eure : Evreux 14h DSDEN
  • 029 Finistère : 3 manif unitaires à BREST, QUIMPER, MORLAIX, 13h30 à
  • 031 Haute-Garonne : Toulouse 14h00 Arnaud Bernard
  • 032 Gers : Auch 10h30 place de la Libération
  • 033 Gironde : Bordeaux 13h30 place de Stalingrad
  • 034 Hérault : 10h 30 Place du Peyrou Montpellier
  • 035 Ille et Vilaine : Manifestation à Rennes : rassemblement 10h30 devant la Dsden35
  • 036 Indre - 10h30- Place de la République à Châteauroux
  • 037 Indre et Loire : TOURS place de la liberté 10H
  • 039 Jura : Dole 10H00 place Barberousse (Lycée professionnel Prévert) Lons le Saunier 14H30 ESPE"
  • 040 Landes : 10H30 MONT DE MARSAN DEVANT LA DSDEN
  • 041 Loir-et-Cher : Blois 14h préfecture
  • 042 Loire : St-Etienne 10h bourse du travail
  • 045 Loiret : 14h Orléans et Montargis
  • 047 Lot-et-Garonne : Agen 14h place de la préfecture
  • 048 Lozère : 10h30 Place du Foirail à Mende
  • 049 Maine et Loire : Angers 10h30 place du ralliement
  • 050 Manche : Matin :Cherbourg Après-midi : St Lô
  • 053 Mayenne - Rassemblement 10h30 devant DSDEN à Laval
  • 054 Meurthe et Moselle : 10h30 Place Maginot Nancy
  • 055 Meuse : Bar-le-Duc 10h devant la cité administrative
  • 056 Morbihan - 10h30 CIO LORIENT, trajet jusqu'à Sous-Préfecture, 10h30 La Rabine, trajet jusqu'à Inspection académique
  • 057 Moselle : Metz 10h30 devant l'inspection académique
  • 058 Nièvre : Préfecture à 11h
  • 059 Nord : Lille, 14h30, Porte de Paris
  • 060 OIse : Beauvais 10h DSDEN avenue Victor Hugo, Amiens 10h rectorat
  • 061 Orne : Devant le Lycée Alain 10h30
  • 062 Pas de Calais : Lille, 14h30, Porte de Paris. Calais, 9h30
  • 063 Puy de Dôme - 10h Clermont-Ferrand au départ de la place Delille
  • 064 Pyrénées Atlantique : rassemblement 10h30 Pau, place d'Espagne, devant la dsden - Bayonne, place Sainte Ursule
  • 065 Hautes Pyrénées : 10h place de Verdun à Tarbes
  • 066 Pyrénées Orientales : Perpignan 10h30 place de la vistoire
  • 067 Bas-Rhin : Strasbourg 14h place Kléber
  • 068 Haut Rhin : 10h place de la Bourse à Mulhouse
  • 069 Rhône : 10h place Guichard
  • 070 Haute-Saone : Vesoul 10h place des fontaines
  • 071 Saône et Loire : Chalon 14h30 maison des syndicats, Montceau 15h mairie, Macon 14h mairie
  • 072 Sarthe : 10h30 Palais des Congrès Le Mans
  • 073 Savoie : Chambéry 14h place du palais de justice
  • 074 Haute Savoie : Annecy le 12 novembre 14h Préfecture
  • 075 Paris - Manifestation parisienne 14h Luxembourg
  • 076 Seine Maritime : 10 h30 Rouen, DSDEN, Place des faïenciers
  • 077 Seine et Marne - Manifestation parisienne 14h Luxembourg
  • 078 Yvelines - Manifestation parisienne 14h Luxembourg
  • 080 Somme : Amiens devant le rectorat 14h
  • 081 Tarn : 14 h 30 place du Vigan à ALBI
  • 083 Var : 10 h Place de la Liberté, Toulon.
  • 084 Vaucluse : Avignon 10h cours Jean Jaurès
  • 085 Vendée : La Roche sur Yon (Place Napoléon) à 10 heures
  • 086 Vienne : Poitiers 14h rectorat
  • 088 Vosges - Manif à 14h devant la préfecture
  • 089 Yonne - Rassemblement devant l'IA à 14h00 et demande d'audience
  • 091 Essonne - Manifestation parisienne 14h Luxembourg
  • 092 Hauts-de-Seine - Manifestation parisienne 14h Luxembourg
  • 093 Seine-Saint-Denis - Manifestation parisienne 14h Luxembourg
  • 094 Val de Marne - Manifestation parisienne 14h Luxembourg-* 077 Seine et Marne - Manifestation parisienne 14h Luxembourg
  • 095 Val d'0ise : 14h Paris Luxembourg vers le ministère
  • 974 Réunion : Rectorat 9h

Le Premier ministre a annoncé, lors du Citp, sa volonté de pousser vers le privé nombre de fonctionnaires et confirmé sa volonté de recourir au recrutement par contrat. Le Ministre de l'action et des comptes publics en a lui annoncé les conditions à la presse. Ces mesures visent à permettre des réorganisations de services liées aux suppressions des 120 000 emplois « promis » par le Président de la République.
Et le gouvernement a dévoilé aujourd'hui son projet de nouvelle architecture des rémunérations des agent-es de la Fonction publique visant à mettre en place un salaire au mérite ! Un système aléatoire, discriminant et totalement entre les mains des employeurs sans réel dialogue social.

Le gouvernement a visiblement décidé d'en finir avec la Fonction publique !

La FSU dénonce ces mesures. Elles sont à l'extrême inverse du travail engagé avec le protocole PPCR qu'il aurait fallu prolonger pour faire des déroulements de carrière et de la revalorisation indiciaire (intégrant une part des primes), la colonne vertébrale des rémunérations de toutes et tous les agent-es de la Fonction publique.

Décidément la Fonction publique s'éloigne de plus en plus de ses principes et de son sens définit par l'intérêt général.

Cela est d'autant plus préjudiciable que ces mesures n'amélioreront ni la situation des agent-es ni le bon fonctionnement des services.

La FSU demande au gouvernement d'entendre les désaccords qui s'expriment et d'ouvrir des discussions portant sur le recrutement de fonctionnaires, la revalorisation salariale de toutes et tous les agent-es, le développement de la formation et de l'accompagnement des agent-es.

Elle informe largement les personnels de la situation pour préparer les conditions du refus de ces mesures.

Les Lilas le 30/10/2018

La FSU apporte son soutien à tous les personnels de l'éducation qui, confrontés à des phénomènes de violence dans l'exercice de leur métier, sont trop souvent laissés seuls, trop peu accompagnés et trop peu soutenus.

La FSU exige que l'administration les soutienne et leur offre la protection fonctionnelle à laquelle ils/elles ont droit ainsi que l'accompagnement nécessaire.

A travers les témoignages exprimés sur les réseaux sociaux comme ceux recueillis régulièrement par les militant-es de la FSU, ce qui ressort fortement est le sentiment d'abandon, le déni de l'institution, les méfaits d'un mode de management fondé sur des indicateurs de performance.

Les annonces faites par le Ministre le 26 octobre semblent bien décalées par rapport à l'exercice quotidien du métier.

En plaçant uniquement les réponses sur le plan sécuritaire, elles ne répondent pas aux problèmes de fond exposés par les personnels.

Pour la FSU, il est indispensable de prendre les sanctions adaptées quand ces violences relèvent d'agressions et de menaces explicites mais il est tout aussi nécessaire de donner les moyens aux équipes éducatives de prévenir ces violences.
Les problèmes de fond ne pourront être traités que par des mesures éducatives confortées et renforcées et par l'implantation dans les établissements d'équipes pluri-professionnelles.

La FSU rappelle qu'Education nationale a la responsabilité de l'éducation de tous les jeunes.

Elle se doit de donner les moyens aux équipes d'enseigner dans de bonnes conditions afin que tous les jeunes accèdent à des savoirs ambitieux.
Il est par conséquent nécessaire de s'appuyer sur l'expertise des personnels, d'entendre leurs demandes, de conforter leurs actions d'enseignement, de donner aussi davantage de moyens en nombre d'emplois, de formation et de temps de travail collectif.

Sur tous ces aspects essentiels, le Ministre reste silencieux. Et les choix faits, alors qu'il s'apprête à supprimer des postes, ne répondent pas à l'objectif impératif d'éducation pour tous les jeunes.

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